JoyBuy : entre Amazon et Temu, un nouveau géant du commerce en ligne arrive en France

Fin octobre, le géant chinois du e-commerce JD.com a lancé sa market place, JoyBuy, sur le marché français. Son principal concurrent : Amazon. Mais l’arrivée de ce nouvel acteur inquiète, en pleine montée en puissance des plateformes asiatiques Shein et Temu.

  • C’est un nom qui nous est encore inconnu, et pourtant, il suscite déjà l’inquiétude. Après avoir été testé au Royaume-Uni, le site de e-commerce chinois JoyBuy a été déployé fin octobre en France, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas. La plateforme, pour l’instant disponible en version bêta, propose une large gamme d’articles, allant de l’électronique à l’habillement, en passant par l’épicerie et les produits d’entretien. Une offre similaire à celle que l’on peut trouver sur Amazon. Car c’est bien le géant américain que le nouvel arrivant cherche à concurrencer.
  • Pour cela, il promet une livraison ultra-rapide grâce à l’implantation d’une trentaine d’entrpôts logistiques en Europe. Mais le marché, pris d’assaut par les plateformes chinoises, n’est-il pas d’ores et déjà saturé ? « Il y a toujours de la place tant qu’il y a des consommateurs, avance Laëtitia Lamari, analyste e-commerce interrogée par Novethic. On l’a vu avec Temu, ça a été une pénétration de marché affolante. En moins de deux ans, c’est devenu l’un des sites préférés des Français ». Un concurrent avec lequel JoyBuy cherche à se différencier clairement, notamment en commercialisant des marques internationales, comme L’Oréal, Ariel, Dyson ou Lindt.
  • Derrière JoyBuy se cache un mastodonte du commerce en ligne chinois : JD.com. Numéro trois sur ce secteur en Chine, après Alibaba (Aliexpress) et Pinduoduo (Temu), il revendique déjà 600 000 clients. Une force de frappe qui inquiète les défenseurs du commerce français. Pour Lionel Saugues, président de la Fédération française des associations de commerçants, l’arrivée de JoyBuy constitue une « concurrence déloyale ». « On voit quasiment chaque mois un nouveau concurrent débarquer dans le paysage commercial français, explique-t-il mercredi 29 octobre, sur Franceinfo. Le message que j’ai envie de donner, c’est ‘trop c’est trop’ ».
  • « Il y a une réalité géopolitique, c’est que ces acteurs ont des contraintes sur un marché américain qui leur est très restreint. C’est donc logique qu’ils se reportent sur le marché européen, qui met davantage de temps à légiférer », analyse Laëtitia Lamari. Et JD.com ne semble pas vouloir s’arrêter là. Cet été, l’entreprise a mis sur la table une offre de rachat du distributeur allemand Ceconomy, qui possède 22% du capital de Fnac Darty. L’opération, qui atteint les 2,2 milliards d’euros, n’est pour autant pas finalisée. Le ministère de l’Économie a demandé des garanties au groupe chinois avant toute validation réglementaire.
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