Fin avril, les Etats membres de l’Union européenne ont adopté de nouvelles règles pour encadrer les NTG, ou nouvelles techniques génomiques. Cette biotechnologie, aussi appelée nouveaux OGM, soulève pourtant de nombreuses inquiétudes, autant du côté des agriculteurs que des consommateurs.
- C’est l’un des nouveaux mots faisant leur entrée dans le dictionnaire du Petit Robert. Les NTG, ou nouvelles techniques génomiques, désignent des méthodes permettant de modifier le génome d’une plante de façon ciblée, sans introduire de gène extérieur. Un acronyme encore peu connu du grand public, qui pourrait pourtant bouleverser notre modèle agricole. Le 21 avril dernier, les Etats membres de l’Union européenne, dont la France, se sont en effet accordés sur un assouplissement des règles encadrant cette biotechnologie.
- Jusqu’ici interdite, au même titre que les OGM, la culture des NTG pourrait donc être finalement autorisée au sein de l’UE. Plus précisément, ce sont les NTG de catégorie 1, qui présentent moins de vingt modifications génétiques, qui pourraient bénéficier de ce compromis. Selon le nouveau règlement, ces plantes seraient alors considérées comme équivalentes aux végétaux sélectionnés de manière conventionnelle. Si le vote final du Parlement européen est encore attendu, cette possible dérégulation suscite l’inquiétude.
- Tandis que la Confédération paysanne y voit « une catastrophe pour le monde agricole et pour les citoyen·nes » face au risque de contamination des cultures et aux contraintes liées au brevetage des semences, plusieurs scientifiques alertent sur « un contresens biologique majeur ». Dans une tribune au Monde publiée le 28 avril 2026, un collectif de chercheurs pointe notamment l’absence d’études d’impact environnemental approfondies, permettant d’analyser les répercussions du développement des NTG sur les écosystèmes.
- Côté consommateurs, le manque de traçabilité, limitée selon l’accord aux sacs de semences achetés par les agriculteurs, pose également question. « Sans étiquetage, nous ne pourrons plus identifier si un ingrédient est génétiquement modifié. Dès lors, comment garantir à nos clients une cuisine exempte d’OGM ? », s’interrogent 40 chefs et acteurs de la restauration dans une lettre ouverte datant du 28 mars dernier. Association, chercheurs et agriculteurs appellent ainsi les députés européens à s’opposer à cette nouvelle réglementation.