Après le marché de l’optique, Blacksheep s’attaque à l’habillement. Fin janvier, l’entreprise a lancé sa plateforme de e-commerce dédiée à la mode, avec un argument : proposer des prix moitié moins chers que Shein. Une stratégie qui pose question, alors que le géant de l’ultra fast-fashion n’a jamais été aussi controversé.
- Un nouveau concurrent vient d’entrer dans la bataille des vêtements à prix cassés : fin janvier, Blacksheep a lancé sa marketplace de prêt-à-porter. 2,93 euros pour un pull, 3,80 euros pour un haut à bretelles ou encore 6,82 euros pour une robe longue… La marque revendique des prix « 50% moins chers que Shein ». Pour ce faire, l’entreprise fondée par un entrepreneur français, Pierre Wizman, affirme s’approvisionner directement depuis des usines chinoises, sans recourir à aucun intermédiaire, allant jusqu’à qualifier ce système de « circuit court ».
- « Dans le secteur de la mode, on nous vend une image, une histoire, qui a un coût. Et nous, on s’attaque à ce coût-là, avance Pierre Wizman, interrogé par Novethic. On ne produit rien. L’usine propose un article, une fois qu’il est vendu, il est fabriqué et envoyé : c’est du ‘factory to consumer’ (de l’usine au consommateur, ndr) ». Un modèle que Blacksheep a déjà déployé courant 2025 pour commercialiser des lunettes à partir de 2,50 euros. Mais ce « made in China » assumé pose question, notamment sur son impact environnemental.
- Les prix très bas proposés par la marque pourraient en effet encourager la surconsommation. Le phénomène est d’ores et déjà une réalité : alors que les acteurs de l’ultra fast-fashion gagnent en popularité, les Français n’ont jamais autant acheté de vêtements. En 2024, ils se sont procuré 3,5 milliards d’articles textiles, soit l’équivalent de 42 vêtements neufs par personne, selon Refashion, l’éco-organisme de la filière. Un record inquiétant : l’industrie textile représente en effet 4 à 8% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.
- Les géants de la mode rapide, dont l’argument du pouvoir d’achat est central, sont également accusés de représenter une concurrence déloyale pour le secteur de l’habillement français qui traverse une importante crise depuis plusieurs années maintenant. Malgré cela, Blacksheep se défend de produire de la fast-fashion. S’il est vrai que l’entreprise ne propose pour l’instant que 2 000 produits environ, bien loin des 470 000 références de Shein et des 30 000 d’H&M, elle devra générer énormément de volume pour maintenir son modèle économique.