Un prix qui explose pour quelques grammes de plus : la stretchflation, nouvelle stratégie de l’agroalimentaire

Après la skrinkflation et la cheapflation, voici la stretchflation. Cette nouvelle, dénoncée par l’association Foodwatch, permet aux entreprises de l’agroalimentaire d’augmenter leurs prix en toute discrétion. On vous explique.

  • Dans une nouvelle enquête, Foodwatch dénonce une pratique commerciale trompeuse : la stretchflation. Ce néologisme formé à partir des termes « stretch » – soit « étirer » en anglais – et « inflation », désigne le fait d’augmenter légèrement le poids d’un produit et d’en profiter pour gonfler son prix de manière disproportionnée. Cinq marques de grande consommation sont pointées du doigt par l’association de défense des consommateurs pour avoir mis en place cette stratégie sur certaines de leurs références : Garden Gourmet du groupe Nestlé, Kühne, Lustucru, Mikado et Stoeffler.
  • Concrètement, le volume d’un paquet de gnocchis extra-fromage fabriqués par Lustucru a par exemple augmenté de 5,3% tandis que son prix au kilo a grimpé de 18,9% entre 2023 et 2026. Même constat chez Lu, où les biscuits Mikado ont gagné dix grammes, mais où leur prix a crû de 18,18% au kilo en un peu plus de deux ans. Sur l’ensemble des produits évalués par l’ONG, le poids aurait ainsi augmenté de 2,7% à 15% alors qu’en parallèle, le prix au kilo aurait enregistré une hausse de 17% à 27%. Interrogés par Foodwatch, Lustucru et Lu ont affirmé ne pas avoir changé le prix de vente de ces articles aux distributeurs.
  • « Avec la stretchflation, Foodwatch le montre une fois de plus : impossible de savoir qui, des distributeurs ou des industriels, s’en met plein les poches. Une certitude : les consommateurs se sentent floués. Il faut en finir avec ces pratiques marketing abusives », avance dans un communiqué Audrey Morice, chargée de campagnes au sein de Foodwatch. L’association appelle à un encadrement plus strict de ces tactiques et à la mise en place d’éventuelles sanctions. Elle compte également sur la mobilisation citoyenne pour faire bouger les lignes, avec une pétition d’ores et déjà signée par plus de 26 000 consommateurs.
  • Car l’industrie agro-alimentaire est coutumière de ce type de stratégie. Avant la stretchflation, des cas de skrinkflation, le fait de réduire le grammage d’un produit, et de cheapflation, c’est-à-dire l’utilisation d’ingrédients de moindre qualité, tout en augmentant le prix des articles, avaient été révélés. La grande distribution avait alors pris position contre ces pratiques, avant que le gouvernement ne s’empare du sujet. Depuis juillet 2024, un arrêté ministériel oblige ainsi les distributeurs à signaler aux consommateurs les produits concernés par la shrinkflation directement en rayon.
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