Les ministres des Finances du G7, réunis à Chantilly ces deux prochains jours, vont se pencher sur la cryptomonnaie que veut lancer Facebook l’année prochaine. Les ministres et autorités de régulation veulent plus de détails sur le projet de cryptomonnaie. Ils craignent l’ampleur qu’il pourrait prendre, du fait des milliards d’abonnés au réseau social et à ses filiales, et au risque que cela pourrait faire peser sur les monnaies souveraines.
La Libra n’est pas une cryptomonnaie comme les autres. "La dimension systémique du projet dépasse nos préoccupations habituelles liées à la protection du consommateur ou à la lutte contre le blanchiment d’argent, explique-t-on à la Banque de France, qui participe au G7 Finances. Il ne faut pas que les régulateurs se retrouvent à la traîne du projet, nous devons en avoir une compréhension commune."
L’inquiétude des gouvernements vient de l’ampleur potentielle du projet. Facebook fait déjà l’objet d’appels au démantèlement du fait de sa taille trop importante mais aussi de sa possible position de monopole. L’ajout d’une cryptomonnaie sur cet empire fait craindre le pire aux gouvernements.
Facebook et ses filiales (WhatsApp, Instagram, etc.) représentent quelque 2 milliards d’utilisateurs, dans plusieurs dizaines de pays. De quoi conférer une puissance inégalée à cet instrument d’échange détenu par une entreprise privée…Au risque d’empiéter sur les monnaies des États.
Un panier de monnaies réelles pour stabiliser le cours
Ces questions figurent également à l’ordre du jour des autorités américaines. Donald Trump s’est déjà fendu d’une série de tweets sur le sujet, prévenant Facebook qu’il devrait obtenir une licence bancaire pour mener à bien son projet. Les responsables de la Libra, qui ont été auditionnés par le Sénat américain mardi 16 juillet, ont assuré qu’ils se conformeraient aux réglementations. "Je veux être clair, déclare David Marcus dans son texte devant le Sénat. Facebook n’offrira pas la monnaie digitale Libra tant que nous n’aurons pas levé les inquiétudes réglementaires et reçu les approbations appropriées."
Arnaud Dumas @ADumas5