En 2009, Benoît Paget créait Canibal, une drôle de machine servant à recycler les canettes et gobelets dans les entreprises et les évènements. Un peu moins de 10 ans plus tard, plus de 200 machines sont déployées sur le territoire. Et les gains sont doubles : pour la planète et les entreprises qui les installent. Car les machines sont de formidables vecteurs de communication sur leur politique RSE.
Et si recycler les canettes et gobelets de votre entreprises servaient aussi à mieux faire comprendre l’intérêt de votre politique RSE ? C’est le pari de Canibal, une PME qui construit des machines ludiques destinées à favoriser le recyclage des boissons dans les entreprises et évènements. "Nous sommes des missionnaires, assure Benoît Paget, son fondateur et patron actuel. Notre conviction et notre message est clair : les déchets d’aujourd’hui sont nos ressources de demain. Mais pour cela il faut que cela se fasse avec fun, enthousiasme et bonne humeur !"
Recycler dans la bonne humeur
Depuis 2009, les drôles de machines de Canibal, plus de 200, s’installent dans l’Hexagone. Dans les entreprises comme McDonald’s, Primagaz, Kronenbourg mais aussi à Science Po ou l’hôtel Meurice. Avec leurs faux airs de machines à café, celle-ci font tout le contraire : elles récupèrent gobelets, bouteilles et canettes pour les compacter et les recycler. A 100%. Le tout avec le sourire puisque une fois le déchet avalé par la machine, celle-ci peut poser des questions sur le recyclage et se transforme en bandit manchot pour faire gagner coupons de réductions, coupe-file ou autre goodies. "Ce n’est pas tant le gain qui est important mais le plaisir qui vient du jeu qui permet de rendre le recyclage séduisant", estime Benoît Paget.
"Comme notre objectif est d’éduquer et de sensibiliser les collaborateurs, l’important est aussi de tenir notre promesse : celle de recycler à 100%. Pour les canettes et l’aluminium, c’étaient facile car les filières existent déjà mais il a fallu créer celle pour les gobelets, relate l’entrepreneur. Nous avons donc créé le caniplac, une matière issue à 90% des gobelets récoltés et triés par nos machines. Celle-ci est ensuite transformée en revêtement pour le sol ou en poubelles et sont donc visibles directement dans les entreprises. Elles peuvent aussi devenir des prothèses pour enfant handicapées. Cela donne du sens au recyclage et de la valeur à la matière qui en est issue". Et de fait à inciter les collaborateurs à recycler et à s’impliquer davantage.
Mieux impliquer les collaborateurs
Un constat que partage Walter Delage, le responsable développement durable de Primagaz. Depuis 2014, le groupe a installé 8 de ces machines sur ses sites. "Comme pour beaucoup d’entreprise, quand nous avons entamé notre démarche RSE, que nous voulions participative, nous avons travaillé sur le recyclage dans nos propres locaux. Notre questionnement était de savoir comment compacter et recycler plus des milliers de déchets chaque jour et d’impliquer nos salariés, sur le long terme et au quotidien. Le côté ludique et convial des machines à recycler nous a séduit. Elles nous permettent aujourd’hui de communiquer sur nos actions RSE ou de mécénat auprès de nos collaborateurs mais aussi de nos parties prenantes, comme les actionnaires qui viennent nous rendre visite".
Mais ce type de recyclage a donné à Primagaz l’envie d’aller plus loin. "A terme nous visons zéro déchets pour le café, en recyclant également le marc de café et pourquoi pas en cherchant des synergies avec le caniplac puisque nous utilisons du plastique pour nos bouteilles de gaz. La boucle est bouclée !"
L’enjeu environnemental du recyclage de ces déchets de boissons est aussi de taille : chaque seconde,140 000 de ces déchets sont jetés à travers le monde. A peine 5% d’entre eux sont recyclés. Le reste, 950 000 de déchets sur un an, sont au mieux brulés. Au pire, ils finiront dans les océans.
Béatrice Héraud @beatriceheraud