14 600 moutons piégés dans un navire échoué, une dérive du transport d’animaux vivants

L'équipage a pu être sauvé mais près de 15 000 moutons sont piégés dans le bateau. - ©Animals International
L'équipage a pu être sauvé mais près de 15 000 moutons sont piégés dans le bateau. – ©Animals International

Un navire transportant 14 600 moutons à destination de l’Arabie Saoudite s’est échoué dimanche 24 novembre aux larges des côtes roumaines. Si l’équipage a pu être sauvé, seule une centaine de moutons ont été évacués. Un drame qui symbolise la dérive du transport d’animaux vivants, pourtant encadré par Bruxelles. 

C’est une course contre la montre qui a commencé dimanche 24 novembre, jour du naufrage du Queen Hind, au large des côtes roumaines dans la mer Noire. Si l’équipage a pu être sauvé, les 14 600 moutons à bord du navire sont pris au piège. Raed Arafat, responsables des services de secours, a estimé le 26 novembre que seuls 75 moutons ont été récupérés. Les associations, qui ont prêté mains fortes aux sauveteurs évoquent 119 animaux sauvés.

20191127_Queen_Hind_rescue_mission from Animals International on Vimeo.

Un navire surchargé
"C’est horrible. Les animaux sont morts uniquement à cause de l’intervention tardive des sauveteurs. Il n’y a eu aucune activité pendant les deux premières nuits", a dénoncé Gabriel Paun, responsable de l’ONG Animals International. "Certains animaux ont réussi à s’échapper du navire en train de couler et ils auraient pu être ramenés à terre s’il y avait eu des bateaux gonflables à proximité. On les a laissés mourir dans l’eau froide". Face à la situation, les sauveteurs ont décidé de percer la coque pour former de nouveaux accès.
Pour l’instant, la cause du naufrage n’a pas été déterminée, mais les associations de secours et de soin pour les animaux pointent les conditions de transport. Gabriel Paun a affirmé que le navire avait été "surchargé". "Ce transport de moutons devait être le quinzième effectué cette année par le "Queen Hind", qui avait rencontré des problèmes techniques en décembre 2018", a-t-il indiqué. Son ONG avait déjà dénoncé les conditions de transport du bétail par mer à bord de "navires de la mort", évoquant des cas où des milliers de moutons ont succombé de soif ou ont littéralement cuit vivants durant le voyage en plein été. 
Le cas du Queen Hind n’est pas isolé
"Si nous ne pouvons pas protéger le bétail lors des transports sur de longues distances, nous devrions absolument les interdire", a également réagi la principale association roumaine d’éleveurs et d’exportateurs, Acebop. Le cas du Queen Hind n’est pas isolé. "Chaque année, des millions d’animaux vivants sont transportés sur des milliers de kilomètres. Chaque année, il y a des catastrophes qui provoquent la mort et la souffrance de centaines d’animaux. Ce commerce est inacceptable et doit cesser. Nous devons mettre fin aux exportations d’animaux vivants", demande Emma Slawinski, directrice des campagnes et des communications de CIWF International.
En réalité, la législation européenne encadre déjà le transport d’animaux vivants mais les dérives sont nombreuses et les inspections insuffisantes. En février, le Parlement européen a demandé à la Commission de "favoriser, lorsque cela est possible, une transition vers le transport de viande ou de carcasses, plutôt que d’animaux vivants". Une décision qui résulte moins des conditions de transport d’animaux vivants que des conditions d’abattages dans des pays tiers, ne respectant pas la réglementation européenne.  
Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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