Contenus illicites, dérives, harcèlement… Vinted dans la tourmente

Vinted cumule les polémiques. Après la découverte de groupes Telegram sur lesquels s’échangent des photos d’utilisatrices sans autorisation, la plateforme qui rassemble 23 millions d’utilisateurs en France serait aujourd’hui la vitrine de contenus pornographiques.

  • Derrière des annonces en apparence anodines publiées sur Vinted se cachent parfois des contenus illicites. Selon le média l’Informé, des vendeurs utiliseraient la plateforme de seconde main pour renvoyer les internautes vers des sites vendant des contenus pornographiques. Le 16 novembre dernier, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a ainsi annoncé avoir saisi l’Arcom, le régulateur du numérique, face au manque de contrôle de Vinted. Réservé aux personnes majeures, comme indiqué dans ses conditions générales, le site de revente ne dispose en effet d’aucun moyen de vérification de l’âge réel de ses utilisateurs.
  • « Quand vous êtes une plateforme aussi grande, aussi importante et aussi familiale que Vinted, vous avez la responsabilité des annonces qui sont sur votre site, déclare Sarah El Haïry au micro de France 3. La pornographie à l’attention d’enfants est interdite dans notre pays, ça tombe sous le coup de la loi et c’est ma mission que de protéger les enfants. »
  • Une polémique qui vient s’ajouter à de multiples enquêtes mettant en lumière les dérives ayant cours sur l’application. En début d’année, la chaîne allemande Tagesschau alertait par exemple sur la diffusion sur des groupes Telegram de photos récupérées directement depuis les versions françaises, allemandes et italiennes de Vinted. Ciblant des jeunes femmes portant des robes ou des vêtements moulants, l’un de ces canaux appelé « Girls of Vinted », recensait plus de 1 000 photos. En découlait parfois des vagues de harcèlement, les profils des vendeuses étant également partagés. Aujourd’hui supprimé, le groupe comptabilisait 2 000 membres.
  • Interrogée par Novethic, l’entreprise déclare appliquer « une politique de tolérance zéro en matière de communications sexuelles non sollicitées ou de promotion de services sexuels ». Elle appelle ses utilisateurs à signaler tout « contenu préoccupant » et affirme disposer « d’outils de détection proactifs » permettant « d’identifier les comportements suspects ».
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