Touché, et finalement coulé. Victime il y a une dizaine de jours d’une attaque des rebelles houthistes, un cargo battant pavillon du Bélize et exploité par une entreprise libanaise a finalement sombré en mer Rouge, samedi 2 mars. Et avec lui, sa cargaison de plus de 20 000 tonnes d’engrais, classée comme très dangereuse. Le Yémen redoute désormais une « catastrophe environnementale ».
L’attaque remonte au 18 février dernier. Le Rubymar, un vraquier chargé d’engrais était touché par deux missiles houthistes, en mer Rouge. Deux semaines plus tard, le cargo a finalement sombré au large du Yémen, après avoir dérivé dans le golfe d’Aden. Depuis le début du conflit au mois de novembre, il s’agit du premier naufrage d’un navire visé par les rebelles. L’équipage avait quant à lui pu être secouru. Le Rubymar, qui battait pavillon du Bélize, était exploité par la société libanaise Blue Fleet. Au moment de l’attaque, il faisait route vers Varma en Bulgarie, après avoir chargé sa cargaison dans le port saoudien de Ras el-Kheir.
Sinking of Motor Vessel⁰Rubymar Risks Environmental⁰Damage
On Mar. 2 at approximately 2:15 a.m., MV Rubymar, a Belize-flagged, UK-owned bulk carrier, sank in the Red Sea after being struck by an Iranian-backed Houthi terrorist anti-ship ballistic missile on Feb. 18.
The ship… pic.twitter.com/fRUM4ll4cY
— U.S. Central Command (@CENTCOM) March 3, 2024
Un haut dirigeant houthi a déclaré qu’il tenait le Premier ministre britannique Rishi Sunak et son gouvernement responsables du naufrage du Rubymar, mais qu’ils pourraient renflouer le vraquier « en autorisant les camions d’aide à entrer dans Gaza ». Ce groupe soutenu par l’Iran, qui dit agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, multiplie les attaques contre des navires marchands qu’il estime liés à Israël en mer Rouge, une zone cruciale pour le commerce international. Selon le Fonds monétaire international, le transport de conteneurs par la mer Rouge a chuté de près d’un tiers cette année en raison des attaques des rebelles houthis du Yémen.
Une « catastrophe environnementale » à venir ?
« Les quelque 21 000 tonnes d’engrais à base de sulfate de phosphate d’ammonium que transportait le navire présentent un risque environnemental en mer Rouge », a alerté le Commandement central des Etats-Unis (CENTCOM), dans un communiqué. « En coulant, le navire présente également un risque d’impact sous la surface pour les autres navires qui empruntent les routes de navigation très fréquentées de la voie navigable », a ajouté le CENTCOM. Par ailleurs, des images satellites du navire, avant qu’il ne coule, et publiées par CENTCOM, montraient une « marée noire » s’étendant sur une trentaine de kilomètres, précise L’Orient-Le Jour.
On Feb. 18 between 9:30 p.m. and 10:40 p.m., Iran-backed Houthi terrorists attacked the M/V Rubymar, a Belize-flagged, UK-owned bulk carrier. The ship is anchored but slowly taking on water. The unprovoked and reckless attack by Iran-backed Houthi terrorists caused significant… pic.twitter.com/bU6j850wwG
— U.S. Central Command (@CENTCOM) February 24, 2024
Selon le site TankerTrackers, le naufrage « provoquerait une catastrophe environnementale dans les eaux territoriales (yéménites) et en mer Rouge ». Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), le Premier ministre yéménite Ahmed Bin Mubarak a estimé que la catastrophe écologique provoquée par ce naufrage constitue « une menace pour la vie de notre peuple et des générations à venir ».
Infographics | Highlights of the catastrophic environmental, economic and humanitarian consequences of the sinking of the ship « Rubymar », attacked by the #Houthi terrorist militias off the #Yemeni coast in the Red Sea. pic.twitter.com/XE8ABDpdvr
— رئاسة مجلس الوزراء اليمني (@Yemen_PM) March 3, 2024
Au-delà du risque écologique, la dérive puis le naufrage du Rubymar a fortement déstabilisé le trafic Internet. Selon Libération, l’ancre du navire aurait abîmé quatre câbles majeurs qui relient l’Europe, l’Asie et l’Afrique, entraînant coupures et ralentissements du débit Internet, et ce, jusqu’en Inde. Ce détroit est l’un des points de passages clés pour un grand nombre de câbles sous-marins. Dix-sept liaisons y sont ainsi référencées par le site Submarine Cable Map.