De Goodvest à Telecoop, en passant par Fairmat ou Les Ripeurs, 120 start-up françaises redéfinissent les règles du jeu économique. Réunies dans l’indice Impact 40/120, elles conjuguent croissance et impact social et environnemental, et s’imposent comme des acteurs clés de la transition.
Elles inventent la mobilité de demain, bâtissent les infrastructures de la transition énergétique, développent des procédés de recyclage inédits ou conçoivent des produits éco-responsables… Ces entreprises figurent dans l’indice Impact 40/120, publié chaque année depuis trois ans à l’initiative du Mouvement Impact France. L’ambition est de mettre en lumière 120 entreprises françaises de moins de 10 ans qui intègrent au cœur de leur modèle les enjeux écologiques et sociaux, tout en affichant des performances économiques solides.
Parmi elles, Goodvest propose des solutions d’épargne alignées avec la transition écologique, Fairmat industrialise le recyclage de matériaux composites issus notamment de l’éolien, Telecoop défend une téléphonie sobre et responsable, tandis que Les Ripeurs s’attaquent à l’optimisation des déchets de chantier. Autant d’acteurs qui incarnent une économie en mutation.
Une croissance qui détonne
Pour intégrer cet indice, les entreprises ont été sélectionnées par un jury composé de personnalités issues du monde économique et de la société civile, représentant des organisations expertes telles que France Digitale, Bpifrance Le Hub, La Ruche, Ticket for Change, makesense, Les Déterminés ou encore Singa.
La sélection repose sur plusieurs critères, notamment la prise en compte des enjeux écologiques et sociaux à travers la mesure d’impact, le potentiel de déploiement des solutions proposées, ainsi que des aspects de gouvernance comme le partage du pouvoir et de la valeur, la diversité et la mixité. Ces éléments viennent compléter les critères plus classiques de performance économique.
Ces entreprises qui tentent de proposer des solutions visant à améliorer l’impact social et environnemental de l’économie, affichent en effet un dynamisme qui détonne dans un contexte économique global plutôt morose. Entre 2024 et 2026, l’indice Impact 40/120 affiche ainsi une croissance économique de près de 22%, bien au-delà des performances du CAC40. Les start-up de l’indice ont collectivement levé plus de 7,4 milliards d’euros, mis au service d’expérimentations sur de nouveaux modèles économiques issus de l’économie circulaire, de l’économie sociale ou encore de la sobriété énergétique, dans tous les secteurs économiques. 24,5% des entreprises listées opèrent ainsi dans le secteur de la consommation et de l’économie circulaire, 12,5% dans l’agriculture ou l’alimentation, 14,5% dans l’inclusion, l’éducation ou la formation…
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Source : Mouvement Impact France
« Depuis 10 ans, nous avons des entreprises à impact qui se sont créées et développées pour apporter à l’économie française des innovations, de nouvelles manières de produire, de consommer, de manager, de se soigner… », commente Caroline Neyron, directrice générale du Mouvement Impact France dans un communiqué. Pour elle, ces entreprises « ont fait les preuves de leur efficacité économique mais aussi de leur capacité à générer des coûts évités considérables à la société et à l’environnement ». Au-delà de leur réussite économique, ces entreprises génèrent en effet de nombreux « coûts évités » pour la société, en évitant des pollutions, des déchets, ou en participant à l’inclusion sociale. Le mouvement Impact France publiait d’ailleurs en janvier une étude de cas menée sur plusieurs entreprises françaises, afin de chiffrer les économies réalisées grâce à ces modèles économiques à impact. Le bilan pourrait représenter plusieurs milliards d’euros d’économies pour la société dans son ensemble.
Une nouvelle économie dans un monde en polycrise
Au-delà de leurs performances, ces entreprises esquissent les contours d’une économie plus résiliente face aux crises écologiques, sociales et géopolitiques.
Dans le secteur du soin, des acteurs comme Alenvi ou Ettic repensent les métiers de l’accompagnement des personnes vulnérables. Banlieues Santé développe des actions de prévention dans les quartiers populaires, tandis que Moka.Care s’attaque aux enjeux croissants de santé mentale au travail.
Côté énergie, Bump déploie des infrastructures de recharge pour véhicules électriques en entreprise, Qair développe des projets d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrogène) et Beem Energy facilite l’autoproduction d’électricité solaire. Autant d’offres qui semblent plus que jamais répondre aux enjeux contemporains, alors que la crise dans le détroit d’Ormuz lié à la guerre au Moyen-Orient rappelle l’urgence de mettre en œuvre la transition énergétique et l’électrification des usages.
Pour Caroline Neyron, la grande force des entreprises lauréates d’Impact 40/120 est leur capacité à « répondre efficacement aux grands enjeux stratégiques du pays » : autonomie, souveraineté énergétique, inclusion ou encore économie circulaire. Avec ses partenaires, le syndicat patronal appelle d’ailleurs les pouvoirs publics à soutenir ces modèles économiques contributifs, par exemple en orientant les aides publiques aux entreprises vers les entreprises capables de démontrer leur impact social et environnemental.
Le Mouvement Impact France soutenait d’ailleurs la proposition, votée dans le budget 2026, de créer un statut de « jeune entreprise innovante à impact », permettant aux start-up à impact d’accéder à des avantages fiscaux et économiques. « L’enjeu aujourd’hui est de mobiliser acteurs publics et privés pour qu’elles deviennent de réels champions européens », conclut Caroline Neyron.
Découvrez l’ensemble des entreprises listées sur l’indice Impact 40/120 ici.