Alors que la part de marché de chocolat équitable a connu une chute brusque en Allemagne avec 30% de vente en moins entre 2012 et 2011, Mars Allemagne s’apprête à utiliser le nouveau label de Fairtrade qui lui permet de ne certifier qu’un ingrédient de ses produits, le cacao. Thomas Bittinger, directeur général de Mars Chocolate Allemagne, nous explique pourquoi.
Mars Chocolate Allemagne va utiliser le nouveau label Fairtrade. Pourquoi se concentre-t-il uniquement sur l’Allemagne ?
Thomas Bittinger. Depuis 2012, il existe un partenariat entre Mars et Fairtrade au Royaume-Uni où notre produit «Maltesers» se trouve labélisé. L’engagement en Allemagne se comprend comme l’extension de ce partenariat. Il se trouve que l’Allemagne est le deuxième pays européen où Mars collabore avec Fairtrade. Maintenant, comme nous cherchons à accroître au sein de notre entreprise la part de cacao certifié, nous menons des échanges intensifs avec tous les certificateurs. Et et des coopérations dans d’autres pays ne sont pas exclues.
Quel produit va être concerné par le nouveau label ? Est-ce que le cacao utilisé à sa fabrication sera à 100 % équitable ?
A partir de 2015, Mars Chocolate Allemagne va acheter un volume de cacao certifié qui correspondra à la totalité du volume des ventes des barres Twix en Allemagne. Comme le nouveau programme de cacao de Fairtrade ne vise pas la labélisation du produit mais plus à l’augmentation des ventes de cacao équitable, la coopération ne se verra pas sur le produit.
Le nouveau label suscite des critiques. Ne craignez-vous pas qu’il puisse troubler les consommateurs ?
Mars a un objectif clair : 100% de cacao issu de sources certifiées d’ici 2020, partout dans le monde, sur toute la gamme de nos produits. Cet objectif, et non la certification de produits isolés, forment le noyau central de notre engagement et de notre communication. La condition pour cela est que tous les acteurs de la chaîne de production perçoivent des revenus décents et disposent de bonnes conditions de vie. Cela concerne en tout premier lieu les cultivateurs de cacao et leurs familles qui se trouvent au centre de notre stratégie de développement durable. Aussi, nous saluons explicitement le nouveau programme de Fairtrade parce qu’il s’applique précisément là où le besoin est le plus pressant : sur les parts de marché des petits cultivateurs de cacao. Ils pourront à l’avenir vendre plus de cacao certifié et ainsi toucher plus de primes qu’ils pourront investir dans leurs fermes et collectivités.
Travaillez-vous avec d’autres certificateurs ?
Nous travaillons étroitement avec les trois plus grandes organisations de certification – Rainforest Alliance, UTZ Certified et Fairtrade – et nous allons continuer à le faire.