L’association Finansol publie ce lundi 22 mai son baromètre annuel de la finance solidaire. Le secteur continue de se développer avec un encours qui atteint désormais près de 10 milliards d’euros et concerne plus d’un million d’épargnants. Parmi eux, les salariés qui, grâce à leur épargne, ont contribué au boom de la finance solidaire à hauteur de 1 milliard d’euros rien que pour l’année 2016.
Cliquez ici pour agrandir l’image (Crédit : Finansol)
Lancée il y a quinze ans, l’association Finansol poursuit son ascension. D’après les derniers chiffres publiés dans le baromètre annuel ce lundi 22 mai, la finance solidaire touche désormais plus d’un million d’épargnants et pèse 9,76 milliards d’euros, en augmentation de 15,5 % par rapport à 2015. Une croissance boostée par l’épargne salariale solidaire avec plus d’un milliard d’euros collecté l’an dernier.
"L’épargne salariale solidaire a été le moteur de la finance solidaire. En 2007, elle représentait un tiers des encours contre les trois quarts aujourd’hui", commente Sophie des Mazery, directrice de Finansol. "On continue de bénéficier des effets positifs de la loi de 2008 [sur les revenus du travail] qui a étendu l’obligation d’avoir un fonds solidaire aux plans d’épargne entreprise".
Il y a deux façons de faire de l’épargne salariale, en actionnariat d’entreprises ou via des fonds diversifiés. Parmi les bons élèves, l’association cite en exemple Schneider Electric qui a mis en place un fonds dédié. Celui-ci sert à financer des projets d’accès à l’énergie dans le monde. Mais c’est BNP Paribas qui remporte la palme avec le plus gros fond d’épargne salariale solidaire : Multipar solidaire obligations socialement responsable. Il représentait, en 2016, 624 millions d’euros, en augmentation de 40% sur un an. "Une goutte d’eau pour la banque mais un pas énorme pour la finance solidaire", souligne Sophie des Mazery.
2 600 entreprises solidaires financées
En dix ans, l’encours de la finance solidaire a été multiplié par huit et le nombre de produits labellisés est passé de 60 à 150. Les fonds collectés en 2016 ont ainsi permis des actions très concrètes. 2 600 entreprises à forte utilité sociale ont été financées, 49 000 emplois créés ou consolidés, 5 500 personnes relogées et 20 000 foyers approvisionnés en énergie renouvelable.
"La crise financière de 2008 a impacté la façon d’investir. Les citoyens souhaitent reprendre la responsabilité sur leur argent et les investisseurs institutionnels veulent donner du sens à leur épargne. Ce mouvement a été accompagné par les pouvoirs publics" se félicite Sophie des Mazery.
Une offre solidaire obligatoire chez les assureurs-vie
Malgré ces bons résultats, la finance solidaire reste encore insignifiante dans le patrimoine financier des Français. En effet, elle n’en représente que 0,21 %. L’objectif est d’arriver à 1% d’ici 2025. Pour changer d’échelle, l’association a rendu public, en février, un livre blanc dans lequel elle fait 10 propositions.
Parmi elles, Finansol appelle de ses voeux la publication du décret d’application pour le déploiement du Livret Développement Durable Solidaire (LDDS) acté par la loi Sapin 2. L’association demande aussi au nouveau gouvernement de rendre obligatoire la présentation d’un contrat d’assurance-vie solidaire dans la gamme de tout assureur-vie, l’offre étant aujourd’hui quasi-inexistante. Un levier intéressant puisque l’assurance-vie est le placement préféré des Français et représente un tiers de leur patrimoine financier (1 600 milliards d’euros). Finasol propose enfin d’inciter les investisseurs institutionnels à financer davantage les entreprises solidaires.
"Nos propositions sont raisonnables, faciles à mettre en œuvre et ont un coût très limité pour l’État", souligne Frédéric Tiberghien, président de Finansol. Interpellé par l’association pendant la campagne, Emmanuel Macron s’est dit favorable à avancer sur la généralisation des offres d’assurance-vie solidaire.
Concepcion Alvarez, @conce1