Les acteurs de l’économie sociale et solidaire sont de plus en plus nombreux à mesurer leur impact

53 % des acteurs de l'ESS interrogés ont mis en place des démarches de mesures d'impact. - @iStock erhui1979
53 % des acteurs de l'ESS interrogés ont mis en place des démarches de mesures d'impact. – @iStock erhui1979

Le dernier baromètre KPMG sur les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) montre qu’une majorité d’acteurs se dote d’outils pour mesurer leur impact. Une façon de fidéliser leurs partenaires, de mieux communiquer à l’extérieur et d’améliorer leur action.

La mesure de l’impact intéresse de plus en plus les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS). Selon le dernier baromètre réalisé par KPMG, on constate une nette augmentation de cette pratique. Ainsi, sur les quelque 300 structures interrogées, plus de la moitié (53,1 %) déclarent mesurer l’impact social ou environnemental de leurs activités. C’est 10 points de plus qu’il y a un an.
De même, les bailleurs de fonds s’y mettent avec une progression encore plus spectaculaire : +19,6 % sur un an. "Les structures de l’ESS souhaitent rendre des comptes à leurs partenaires et montrer qu’elles sont efficaces pour capter et fidéliser leurs bailleurs. Ces-derniers, qui recherchent des projets à double rentabilité économique et sociale, doivent à leur tour communiquer auprès de leurs investisseurs sur ces retours positifs dans un contexte favorable à l’impact investing" décrypte Eve Durquety, consultante chez KPMG et co-auteure du rapport.
Améliorer son action et mieux cibler les besoins
Toutefois des freins persistent. En fonction de la taille, du budget et du modèle économique de l’entreprise, celle-ci est plus en moins encline à se lancer dans une telle démarche, coûteuse d’un point de vue financier et humain. Des résistances culturelles à l’évaluation demeurent également dans un secteur qui a longtemps évolué en marge de l’économie classique.
"Il est intéressant d’avoir un temps d’introspection pour s’interroger sur la pertinence de ce qu’on fait et sur l’évolution éventuelle des besoins qu’on adresse, note Eve Durquety. La mesure de l’impact peut ainsi servir à renforcer son action avec des éléments plus qualitatifs." 
Enfin la complexité des outils peut également constituer un obstacle. Pour aider les plus petites structures à s’y retrouver, KPMG a également publié un guide. "On peut ne se doter que d’un indicateur pour commencer, insiste Eve Durquety. Nous avons par exemple accompagné une association de 30 personnes qui voulait communiquer sur son aspect innovant, cela permet déjà de se placer dans une démarche d’évaluation." Le maître-mot, selon elle, est la co-construction d’indicateurs partagés entre les différents acteurs, publics et privés.     
Concepcion Alvarez, @conce1   

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