[Édito vidéo] Quoi qu’il se passe au procès d’Harvey Weinstein, tout a déjà changé

Arrivée de Harvey Weinstein à son procès à New York en janvier 2020. - @StéphanieKeith-GettyImages-NorthAmerica-AFP
Arrivée de Harvey Weinstein à son procès à New York en janvier 2020. – @StéphanieKeith-GettyImages-NorthAmerica-AFP

Pendant deux mois, le producteur Harvey Weinstein, accusé de viols et d’agressions sexuelles, va être jugé à New York. Les décisions finales ne seront sans doute pas à la hauteur des attentes. Mais, d’ores et déjà, la prise de conscience a eu lieu et les comportements se sont améliorés dans les entreprises, même si beaucoup reste encore à faire.

C’est le procès de ce début d’année : celui de l’ancien producteur tout-puissant d’Hollywood, Harvey Weinstein. Il est accusé par 80 femmes de harcèlement, d’agressions sexuelles et de viols. La procédure va durer deux mois et devrait aboutir sur une décision réglée à coups de millions de dollars. L’homme n’ira sans doute pas en prison à la grande déception de beaucoup. Mais peu importe, quelle que soit la décision finale, cette affaire est déjà une victoire.
L’affaire Weinstein a tout changé. Comme l’écrit le New York Times, ce scandale a mis en avant "la question du consentement" et a amené à repenser ce qu’est le harcèlement sexuel. Preuve en est. Avant Harvey Weinstein, les affaires Bill Cosby, Morgan Freeman ou dans un autre genre Kevin Spacey s’étaient taries assez vite au regard de la gravité des faits. À l’inverse, sans affaire Weinstein, est-ce que les accusations visant Luc Besson ou Patrick Bruel auraient fait tant de bruit en France ?

Des cas intolérables
Et cette évolution sociétale ne vise pas que le milieu du show business. Dans les entreprises, dans les milieux d’affaires, le harcèlement est pris très au sérieux. Symbole de ce changement : la clause Weinstein qu’a adoptée Wall Street. Elle permet à des investisseurs d’être remboursés et dédommagés si un scandale sexuel apparaît dans une entreprise où ils ont injecté de l’argent.
Alors rien n’est encore parfait. L’accueil offert aux femmes victimes doit être amélioré, la justice classe trop d’affaires sans suite, les entreprises doivent mieux protéger celles qui osent dénoncer… Et puis, il reste des cas intolérables comme la protection de Roman Polanski, accusé de violences sexuelles, ou plus récemment le cas Gabriel Matzneff si longtemps adulé par le monde de la culture alors qu’il affichait publiquement ses penchants pédophiles.
Il reste beaucoup de travail à faire, mais le mouvement #MeToo n’est pas un épiphénomène. Existant depuis 2007, il a explosé en 2018 quand l’actrice Alyssa Milano s’en est emparé. En libérant la parole de femmes victimes, il a ouvert les yeux de tous. Et c’est peut-être la chanteuse Angèle, qui dans sa chanson Balance ton quoi, résume le mieux cette nouvelle donne : "Même si tu parles mal des filles, je sais qu’au fond t’as compris".
Ludovic Dupin, @LudovicDupin

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