Les Allemands seraient trop orthodoxes sur les questions financières. À tel point que le trésor de guerre qui s’amasse sous leurs pieds aujourd’hui menace la population de paupérisation. Dans son dernier rapport, le Fonds monétaire international (FMI) appelle Berlin à accroître les salaires, baisser les impôts et renforcer ses investissements.
Le dernier rapport annuel du Fonds monétaire international (FMI) sur l’Allemagne, publié lundi 15 mai, a-t-il été au cœur de la première rencontre entre la Chancelière Angela Merkel et le Président Emmanuel Macron ? C’est fort possible car le Fonds fait des recommandations pour soutenir la croissance allemande et surtout en faire bénéficier toute la zone euro. Mais pour cela, il faudra que Berlin accepte d’ouvrir son porte-monnaie.
Concrètement, les auteurs du rapport appellent les Allemands à augmenter les salaires et à investir plus massivement en Europe. Faute de quoi, les analystes du FMI mettent Berlin en garde sur "les inégalités de salaires" et "le risque de pauvreté" malgré le très faible taux de chômage du pays.
"La marge de manœuvre budgétaire devrait être consacrée à des initiatives qui renforcent le potentiel de croissance, telles que l’investissement dans les infrastructures physiques et numériques, la prise en charge de l’enfance, l’intégration des réfugiés et l’allègement des charges fiscales sur le travail", écrivent-ils.
Un appel à participer à la croissance mondiale
Selon le FMI, l’investissement allemand permettrait de soutenir l’inflation dans le pays et dans toute la zone euro. Mais l’Allemagne ne souscrit pas à cette analyse. Elle juge qu’elle accroît suffisamment ses investissements et que ses excédents reflètent avant tout la qualité de ses produits. Le manque d’investissements allemands est une source récurrente de tension avec les États-Unis et la France. Ces derniers jugeant que Berlin pourrait davantage participer à redresser la croissance occidentale.
Le FMI préconise aussi des baisses d’impôts pour les plus démunis et une hausse pour les plus fortunés. Il faudrait aussi que les femmes soient mieux intégrées au marché du travail et que les séniors soient incités à travailler plus longtemps.
L’Allemagne ne manque pas de marge de manœuvre avec son excédent de 0,8 % du PIB, là où le déficit français est de 3,4 % du PIB. Selon le FMI, l’excédent des comptes courants de l’Allemagne devrait passer de 8,3 % en 2016 à 7,5% d’ici 2022. Le Fonds ajoute qu’un excédent entre 2,5% et 5% serait mieux adapté.