À partir du 5 novembre à 16h47, les femmes françaises travaillent gratuitement

Le collectif les Glorieuses demande fait trois propositions pour résorber l'écart salarial entre les femmes et les hommes. - @JrCrasas
Le collectif les Glorieuses demande fait trois propositions pour résorber l'écart salarial entre les femmes et les hommes. – @JrCrasas

#5Novembre16h47. À partir du 5 novembre à 16h47, les Françaises vont travailler gratuitement et ce, jusqu’à la fin de l’année. Un calcul basé sur une différence salariale de 15,4 % entre femmes et hommes. Le collectif les Glorieuses, qui a lancé un large mouvement de sensibilisation, propose une pétition et trois recommandations pour atteindre l’égalité. Au rythme actuel, il faudra encore attendre 2168 pour résorber l’écart.

Les années défilent mais le compteur ne se débloque pas. Les écarts de salaire entre femmes et hommes persistent. Les Françaises travailleront "bénévolement" à partir de 16h47 le mardi 5 novembre. Un calcul basé sur les statistiques d’Eurostat établissant que le salaire horaire brut moyen des femmes est inférieur en moyenne de 15,4 % à celui des hommes en France. L’année dernière, la date était fixée au 6 novembre. Les femmes ont perdu un jour de salaire. À ce rythme, l’égalité sera atteinte en 2168.
C’est pourquoi le collectif féministe les Glorieuses a lancé il y a quatre ans un mouvement de sensibilisation. Il est marqué cette année par le hasftag #5Novembre16h47. "La date est symbolique, qu’on gagne ou qu’on perde un jour, les inégalités ne vont pas se résorber en un claquement de doigts", explique Arièle Bonte, chroniqueuse de la newsletter éco du collectif. "Le pouvoir des Glorieuses c’est de mettre le sujet sur la table et de faire pression pour que les politiques publiques suivent".
Une pétition et trois propositions pour l’égalité
Cette année, la pression prend la forme d’une pétition. Trois recommandations sont proposées pour parvenir à l’égalité. Le collectif demande d’abord un congé paternité équivalent au congé maternité. On sait en effet que le coût de la maternité est particulièrement douloureux pour les femmes. Il marque souvent un point de rupture à partir duquel les écarts entre femmes et hommes se creusent. Or, certaines études montrent qu’avec un congé paternité plus long, les hommes s’impliquent davantage dans l’éducation de leurs enfants, réduisant ainsi la charge des mères.
Le collectif propose également la transparence des salaires au sein des entreprises et l’instauration d’un certificat d’égalité obligatoire. "Le 9 mars 2017, Thorsteinn Viglundsson, ministre des Affaires sociales et de l’Égalité des droits (en Islande), a annoncé que toute entreprise de plus de 25 salariés se verrait imposer l’égalité salariale. Elle devra pour cela prouver qu’elle paie femmes et hommes de façon identique "pour obtenir un certificat qui en attestera", explique le collectif qui souhaiterait s’inspirer de ce modèle.
Journée européenne de l’égalité salariale
Pour l’instant, les Glorieuses se focalisent sur les inégalités dans l’Hexagone, en faisant cette année un focus sur les femmes non-blanches, qui sont les plus touchées. Mais au niveau européen, la situation n’est pas meilleure. "Cela fait 60 ans que le principe de l’égalité de rémunération est inscrit dans les traités européens, et pourtant, les femmes en Europe ne voient toujours pas les lois correspondre à la réalité de leur vie quotidienne", explique Vera Jourova, commissaire chargée de l’égalité de genre.
Elle ajoute : "Les femmes européennes travaillent encore deux mois gratuitement par rapport à leurs collègues masculins et les progrès sont trop lents". Justement, Ursula von der Leyen, nouvelle présidente de la Commission européenne a proposé des mesures obligatoires de transparence des salaires pour lutter contre les inégalités et les discriminations de genre.
Marina Fabre, @fabre_marina

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