Extrême maigreur : les groupes de luxe LVMH et Kering interdisent la taille 32

Lors de la Fashion Week, les maisons-mères de Louis Vuitton, Givenchy, Gucci et Balenciaga ont annoncé l'adoption d'une charte pour lutter contre l'extrême maigreur des mannequins.
Lors de la Fashion Week, les maisons-mères de Louis Vuitton, Givenchy, Gucci et Balenciaga ont annoncé l'adoption d'une charte pour lutter contre l'extrême maigreur des mannequins.

Il n’y aura plus de mannequins de taille 32 sur les podiums de LVMH et Kering. Les deux groupes de luxe, qui détiennent Gucci, Louis Vuitton ou encore Balenciaga, s’y sont engagés en pleine Fashion Week de New-York. Au-delà de la lutte contre l’extrême maigreur, ils veulent responsabiliser la filière en interdisant les mannequins de moins de 16 ans à défiler pour les vêtements destinés à des adultes. Une pratique très courante dans le secteur.

C’est un signal fort qu’ont envoyé deux géants du luxe en pleine Fashion Week de New York. Les groupes LVMH et Kering ont annoncé dans un communiqué interdire la taille 32 sur leurs podiums. Une décision qui s’inscrit dans le cadre plus large d’une charte sur "les relations de travail et le bien-être des mannequins".
Obligation d’un certificat médical de moins de 6 mois
"Les agences de casting devront proposer des mannequins dont la morphologie correspond à la taille 34 chez les femmes et 44 chez les hommes", soulignent LVMH et Kering. L’ensemble des marques de ces groupes (Louis Vuitton, Givenchy, Gucci, Balenciaga…) s’engagent également "à ne travailler qu’avec des mannequins en possession d’un certificat médical valide attestant de leur bonne santé et de leur capacité à travailler, obtenu dans les six mois précédant la séance photo ou le défilé".
Une mesure qui va donc plus loin que la loi santé en France. Cette disposition, entrée en vigueur en mai dernier, oblige les mannequins à présenter un certificat médical de moins de deux ans. Par ailleurs, la loi condamne également à 75 000 euros d’amende et six mois de prison les entreprises employant un mannequin dont l’indice de masse corporelle est inférieur à 17.


"Notre responsabilité sociale dépasse les enjeux de concurrence"
De plus, la charte, qui sera appliquée lors de la prochaine Fashion Week, interdit l’emploi des mannequins de moins de 16 ans pour les défilés de vêtements d’adultes. Une pratique pourtant courante dans le monde de la mode. Celles entre 16 et 18 ans ne pourront travailler entre 22 heures et 6 heures du matin. "À certains moments, la responsabilité sociale qui est la nôtre dépasse les enjeux de concurrence", a indiqué à ELLE Antoine Arnault, membre du Conseil d’administration de LVMH.
Olivier Véran, député de l’Isère (REM), fut le rapporteur de la loi française. Selon lui, ce combat vise à lutter contre la promotion de l’extrême maigreur influençant les jeunes filles et entraînant "un sentiment d’autodépréciation et une mauvaise image de soi pouvant avoir un impact sur les comportements de santé". Il se dit satisfait de l’annonce des deux groupes. Il parle d’une initiative "à l’échelle mondiale", qui va "dans le bon sens". "Nous avons la responsabilité d’établir de nouveaux standards dans la mode, et nous espérons être suivis en cela par d’autres acteurs de notre secteur", ajoute Antoine Arnault.
Marina Fabre @fabre_marina

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