Érythrée, Bahreïn, Somalie, Cameroun… Scrutin biaisé pour les nouveaux membres du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU

Parmi les membres actuels de l’instance, on trouve aussi l’Arabie saoudite, l’Afghanistan, le Pakistan et la Chine. - @Artmch/Wikimedia
Parmi les membres actuels de l’instance, on trouve aussi l’Arabie saoudite, l’Afghanistan, le Pakistan et la Chine. – @Artmch/Wikimedia

Ce n’est pas la première fois que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU est épinglé pour l’élection de pays peu soucieux du respect des droits humains sur leurs propres territoires. Mais cette fois, c’est un scrutin biaisé d’avance qui a fait entrer la Somalie, le Cameroun, ou encore l’Érythrée au sein de cette institution. Les États-Unis, qui avaient claqué la porte en juin, réitèrent leurs critiques.

Dix-huit candidatures pour… dix-huit postes. Mi-octobre, le conseil des droits de l’Homme des Nations Unies a renouvelé un tiers de ses sièges. Un scrutin sans véritable enjeu qui requestionne la crédibilité de cette instance. Tous les pays membres de l’ONU sont habilités à postuler au Conseil des droits de l’Homme dont la composition respecte le principe d’une répartition géographique équitable. 
Pour la première fois depuis la création en 2006 de ce Conseil, chaque région concernée par les votes s’était au préalable accordée sur les candidats. Parmi les nouveaux membres élus, on trouve ainsi le Bahreïn, le Cameroun, les Philippines, l’Érythrée, le Bangladesh ou encore la Somalie, six pays loin d’être exemplaires en matière de respect des droits humains. En ce qui concerne les membres anciens, on compte l’Arabie saoudite, l’Afghanistan, le Pakistan et la Chine… Qui ne font pas mieux.
"Un vote ridicule"
"En favorisant des pays violant les droits de l’homme et en ne présentant qu’un nombre de candidats équivalent au nombre de sièges à pourvoir, les groupes régionaux risquent de saper la crédibilité et l’efficacité du Conseil", a dénoncé l’organisation Human Rights Watch. "C’était un vote ridicule sans concurrence", a ajouté Louis Charbonneau, de l’ONG. "De tels votes se moquent du mot ‘élection".
En juin dernier, les États-Unis s’étaient retirés de l’institution onusienne en raison de son "hypocrisie", notamment à l’égard d’Israël. "Pendant trop longtemps, le Conseil des droits de l’Homme a protégé les auteurs de violations et a été un cloaque de partis pris politiques", avait alors expliqué Washington. "Une fois encore, des pays affichant de piètres résultats en matière de droits de l’homme ont concouru sans opposition", a de nouveau critiqué l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.
Examen périodique
Interrogée lors de son point-presse quotidien, la porte-parole du Conseil n’a pas répondu directement aux accusations d’élection déterminée à l’avance. "Il est clair que le monde s’attend à ce que les membres des organismes internationaux se conforment à un certain ensemble de normes de comportement conformes aux organismes pour lesquels ils ont été élus."
Les États élus au Conseil sont tenus d’observer "les normes les plus strictes en matière de promotion et de protection des droits de l’homme", précise l’Onu sur son site Internet. Ils sont soumis à une procédure d’examen périodique au cours de leur mandat, afin de s’en assurer. Et l’Assemblée générale de l’ONU peut suspendre le droit de siéger au Conseil d’un membre ayant commis des violations flagrantes et systématiques des droits de l’Homme.  
Concepcion Alvarez, @conce1 

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