Femmes dans les conseils d’administration : le compte n’y est pas

ROBYN BECK / AFP
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Malgré la loi (et les lourdes sanctions) imposant un quota minimum de 40% de femmes dans les conseils d’administration, beaucoup d’entreprises ne sont pas dans les clous. La secrétaire d’État chargée de l’égalité, Marlène Schiappa, pourrait bien dégainer l’arme du "name and shame" qui consiste à divulguer le nom des entreprises peu vertueuses en la matière.

Théoriquement, depuis le 1er janvier 2017, les conseils d’administrations (CA) de toutes les entreprises de plus de 500 salariés dont le chiffre d’affaires atteint au minimum 50 millions d’euros, doivent être composés d’un minimum de 40% de femmes. Pour les entreprises du SBF 120, l’objectif est plus qu’atteint. Depuis les assemblées générales de 2017, on compte désormais 41,5% de femmes dans les CA. Pour les autres, c’est plus difficile.
Selon une nouvelle étude publiée par l’AFECA (Association des Femmes experts-comptables), il manquerait 493 femmes dans les conseils d’administration des sociétés françaises cotées.
625 grosses entreprises ont été passées au crible. Les bigs caps, celles qui possèdent une capitalisation supérieure à 1 milliard d’euros s’approche des 35% de femmes mais plus la capitalisation baisse, moins les femmes sont présentes. Les mids caps comptent 30,6% de femmes et les smalls caps 28,3%.
15% de femmes seulement dans les sociétés non cotées
Ces entreprises tombent sous le coup de la loi. Et les sanctions sont loin d’être symboliques : suspension du versement des jetons de présence de tous les administrateurs et invalidation de toute nouvelle nomination.
Encore faut-il qu’un suivi soit réalisé et qu’une autorité de contrôle soit créée pour que les sanctions soient appliquées, se désolent, dans une tribune au Monde, les avocates Stéphanie Dujardin, Valence Borgia et la présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert. D’autant que dans les sociétés non cotées, la proportion de femmes tombe elles à 15%.
Le gouvernement mise sur le name and shame
Pourquoi un tel retard ? Lucille Desjonquères, créatrice de "Femmes au Cœur des Conseils", directrice générale de Leyders Associates, pointe un "machisme transgénérationnel", une "résistance culturelle" mais aussi une "méconnaissance des sanctions".
Pour y faire face, la secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, mise sur le name and shame. Méthode que l’ancienne ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a toujours refusé d’employer. Elle consiste à nommer et dénoncer des entreprises peu vertueuses. "On agit sur la réputation des entreprises pour faire bouger les lignes", expliquait Marlène Schiappa à Novethic en mai dernier.
Pour l’instant, le name and shame n’a été évoqué que pour les entreprises qui, de manière générale, ne respectent pas l’égalité femmes hommes. Les 10 plus mauvaises seront ainsi invitées par la secrétaire d’État à une journée de formation. "Nous faisons le pari que nous allons pouvoir les transformer en actrices et acteurs de l’égalité professionnelle", a réagi Marlène Schiappa au micro de France Inter. Celles qui "n’auront pas saisi cette forme de dernière chance de l’égalité" perdront leur anonymat et verront leur nom diffusé.
Un enjeu réputationnel important. Suivant cette démarche, Myriam El Khomri, ancienne ministre du Travail, avait ainsi épinglé AccorHotels et Courtepaille pour un "risque élevé de discriminations à l’embauche".
Marina Fabre @fabre_marina

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