La Silicon Valley fait rêver sur bien des aspects mais il y a encore un domaine sur lequel elle a encore de gros efforts à fournir. Celui de la diversité en est un. Les géants de la tech, comme Uber, Facebook ou Google, affichent des statistiques décevantes sur le recrutement des femmes et des minorités, notamment aux postes de direction et aux postes techniques. Un problème qu’elles entendent résoudre à grand renfort d’investissements dans des programmes de formation et de sensibilisation.
Pour la première fois, Uber a publié son rapport sur la diversité (1), un document jugé pendant longtemps inutile par le fondateur et désormais ex-patron d’Uber, Travis Kalanick. Il est pourtant riche d’enseignements.
On apprend ainsi que la firme de San Francisco emploie 85 % d’hommes pour les postes purement techniques, dont seulement 1 % de noirs et 2,1 % d’hispaniques. Cela se rééquilibre pour les services clients avec autant d’hommes que de femmes, 33,5 % de noirs et 15,2 % d’hispaniques. Par ailleurs, les postes de direction sont là encore trustés à 78 % par des hommes et à 77 % par des blancs.
"Nous nous sommes engagés à faire de Uber un endroit idéal pour travailler, peu importe d’où vous venez, explique l’entreprise dans son rapport. Nous allons consacrer 3 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour soutenir les structures qui s’efforcent d’attirer plus de femmes et de minorités dans les secteurs liés à la technologie".
Une tendance générale
Uber ne fait cependant pas figure d’exception au sein de la Silicon Valley. Facebook, Google ou encore Apple, qui publient un rapport sur la diversité depuis 2014, surfent sur la même tendance. Chez Google, la dernière étude montre ainsi que les employés blancs sont majoritaires à 59 %, suivis par les asiatiques avec 32 %. Les hispaniques et les noirs ne représentant respectivement que 3 % et 2 % des effectifs. Même ratio chez Facebook avec seulement 3 % de Noirs et d’Hispaniques aux postes de "senior leadership".
L’argument invoqué est souvent celui du manque de candidats. C’est pourquoi les géants du web n’hésitent pas à mettre le paquet pour soutenir des actions de sensibilisation et de formation. Google finance notamment un programme sur le campus d’Howard, à Washington, marqué par la présence d’une forte communauté d’étudiants afro-américains, pour former de futurs ingénieurs. Facebook de son côté a promis 15 millions de dollars à Code.org, une association qui initie les jeunes à l’informatique.
Concepcion Alvarez @conce1
(1) voir le rapport