Bruno Le Maire fait machine arrière. Le ministre de l’Économie avait annoncé la semaine dernière qu’il ne suspendrait pas le dioxyde de titane, une suspension pourtant actée dans la loi alimentation. Face à la mobilisation des associations, il a finalement plié et annoncé l’interruption de cet additif alimentaire pour la mi-avril.
Le ministre de l’Économie avait annoncé mardi 8 janvier, qu’il n’avait pas l’intention de signer, dans l’immédiat, la suspension du dioxyde de titane. L’interruption de cette nanoparticule présente dans beaucoup de confiseries était pourtant actée par la loi alimentation promulguée en novembre. Il s’agissait même d’un un symbole fort, après le couac sur le glyphosate.
"La cohérence, c’est d’avoir une évaluation qui soit partagée sur les dangers du dioxyde de titane. Il y a une évaluation de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), il y a celle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnemental et du travail (Anses) qui concluent à des évaluations différentes. Et il y a l’évaluation de l’Union européenne, que nous avons saisie puisque cette décision doit être prise au niveau européen, et qui ne partage pas l’analyse de l’INRA", expliquait alors Bruno Le Maire dans l’émission C à vous sur France 5.
Bruno Le Maire plie face aux associations
Dès son annonce, la décision de Bruno Le Maire a été fustigée par les associations environnementales. "Ce renoncement est inadmissible et incompréhensible", a déclaré François Veillerette, directeur de Générations futures, "c’est son devoir, en tant que ministre d’État, d’agir sans attendre afin de protéger ces concitoyens et donc de signer cet arrêté de suspension".
Face à la mobilisation des ONG, le ministre de l’Économie a finalement plié. Vendredi 11 janvier, il a ainsi reçu les associations et leur a "réaffirmé sa volonté d’interdire l’E171, conformément à la position du gouvernement et aux dispositions votées par le Parlement dans l’article 53 de la loi Egalim" sur l’alimentation, écrit le ministère dans un communiqué. "Afin de réunir les conditions juridiques nécessaires à cette interdiction, il demande donc à l’Agence nationale de la sécurité sanitaire et de l’environnement (ANSES) d’accélérer ses travaux sur les nanoparticules sur le volet TiO2 pour le 15 avril", poursuit le ministère.
Respect du principe de précaution
Une étude sur le rat de l’INRA, publiée en 2017 dans la revue Scientific Reports, avait établi que l’ingestion de nanoparticules de dioxyde de titane provoquait des troubles et des lésions précancéreuses. De fait, une nanoparticule est 50 000 fois plus petite que le diamètre d’un cheveu ce qui lui permet de pénétrer dans l’organisme très facilement.
"Le ministre, qui entendait s’abriter derrière un supposé doute scientifique autour de l’impact sanitaire de cet additif et la libre circulation des marchandises pour ne pas adopter l’arrêté attendu, a enfin entendu nos appels au respect du principe de précaution", s’est félicité de son côté le président de l’UFC-Que Choisir Alain Bazot.
Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP