Nicolas Hulot joue la transparence. Le ministère de la Transition écologique et solidaire a publié deux listes de produits pesticides contenant au moins un perturbateur endocrinien. Mais cette liste ne se base pas sur les nouveaux critères adoptés par Bruxelles début juillet et validée par la France. Une opération qui ne satisfait ni les ONG, ni les industriels.
Promesse tenue. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire s’était engagé à fournir une liste de "produits pesticides contenant une substance identifiée comme perturbateur endocrinien", ces produits chimiques capables de modifier le système hormonal. L’objectif étant d’orienter les choix d’achats des citoyens agriculteurs et professionnels.
Jeudi 13 juillet, deux listes contenant près de 600 noms d’insecticides, herbicides et fongicides, et près de 1000 biocides (pesticides à usage domestique) ont été mises en ligne.
Une opération de transparence qui fait suite à l’adoption, le 4 juillet dernier, après des années de retard, de critères de définition des perturbateurs endocriniens. Pour la première fois, la France s’était rangée du côté de la Commission en permettant l’adoption de cette nouvelle réglementation. Nicolas Hulot tranchait ainsi avec la ministre précédente, Ségolène Royal, qui s’était toujours opposée à la proposition de Bruxelles, jugée trop peu protectrice pour les consommateurs.
Des listes déjà obsolètes
En contrepartie, Nicolas Hulot s’est engagé à prendre des "mesures nationales". Ces deux listes en font partie. Mais elles ne satisfont ni les ONG environnementales, ni l’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP). D’une part, elles reposent sur des critères obsolètes, qui seront très largement modifiées après l’application de la réglementation européenne. D’autre part, la liste publiée "semble longue mais porte sur des produits commerciaux. Il faudrait maintenant que les ministères publient la liste des substances actives concernées pour qu’on y voit plus clair", réagit l’association Générations Futures.
Pour l’UIPP, qui représente les industriels, "le gouvernement ne respecte pas les processus de décision européen actuellement cours" et trouve "prématuré" de "traduire le projet de définition en liste de substances (…) sur la base d’un travail préliminaire et superficiel qui n’a rien à avoir avec les évaluations scientifiques nécessaires attendues par nos concitoyens".
Marina Fabre @fabre_marina