C’est la deuxième action de groupe en France dans le domaine de la santé après l’affaire de la Dépakine. L’association RESIST vient d’assigner en justice le géant Bayer au sujet de ses implants contraceptifs Essure. Les plaignantes estiment avoir développé de graves effets secondaires depuis la pose du contraceptif.
Bayer HealthCare assigné en justice par l’association RESIST (Réseau d’entraide, soutien et informations sur la stérilisation tubaire). C’est ce que vient d’annoncer la présidente de l’association, Marielle Klein, dans un communiqué de presse, stipulant que l’assignation avait été déposée le 8 mars afin de "démontrer la défectuosité du produit et le défaut d’information concernant les implants de stérilisation définitive Essure".
Cette action de groupe – l’association est composée de 2 330 membres – va permettre aux plaignantes de ne pas avancer les frais d’avocat. Cette action judiciaire, possible depuis l’adoption de la loi Santé en mars 2014, permet aux consommateurs victimes d’un préjudice de la part d’un professionnel de se regrouper et d’agir en justice en étant représenté par un seul avocat. La première "class-action" française dans le domaine de la santé a été lancée en mai par les victimes de la Dépakine, suspectée de provoquer des malformations et des retards mentaux chez les nouveaux-nés.
Règles dérégulées, inflammations intestinales, palpitations cardiaques…
En juillet, 400 patientes avaient annoncé leur désir d’intenter une action collective contre Bayer. Elles affirment avoir développé de lourdes pathologies depuis la pose de leur contraceptif. Sous forme de ressorts, ces implants composés de nickel-titane et de fibres PET (polytéréphtalate d’éthylène) sont placés sans opération dans les trompes de Fallope obstruant ainsi la fécondation.
"Mes règles étaient hémorragiques et dérégulées, j’ai ressenti des inflammations intestinales, des palpitations cardiaques, des troubles neurologiques qui m’empêchaient certaines fois de tenir des propos cohérents… Les symptômes sont arrivés successivement et lentement", racontait à Novethic Marielle Klein.
"Dès l’apparition des premiers signaux, Bayer Healthcare aurait dû prendre toutes les mesures utiles afin notamment d’informer les utilisatrices de la réalité des risques auxquels elles s’exposaient, et de mettre en garde les professionnels de santé", estime l’association.
Essure n’est plus commercialisé en Europe
Le 18 septembre, le laboratoire Bayer avait annoncé l’arrêt de la commercialisation du produit en Europe pour manque de rentabilité. Une décision qui est intervenue seulement un mois après la décision européenne de suspendre ce contraceptif dans l’Union européenne pour trois mois.
"Nous sommes convaincus que d’autres motifs ne sont pas étrangers à cette décision", avance Marielle Klein, qui affirme travailler en étroite collaboration avec le ministère de la Santé et les autorités sanitaires françaises. Il "est important que le statut de victime soit reconnu et accordé à toutes ces femmes et qu’elles soient traitées et considérées en tant que telles", déclare la présidente de l’association.
Sollicité par Novethic, Bayer n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.
Marina Fabre @fabre_marina