Salmonelle : 25 nourrissons ont bien été contaminés par l’usine de Craon entre 2006 et 2016

38 nourrissons ont contracté la salmonellose après avoir bu du lait infantile sorti de l'usine Lactalis de Craon en Mayenne.
38 nourrissons ont contracté la salmonellose après avoir bu du lait infantile sorti de l'usine Lactalis de Craon en Mayenne.

[Mise à jour le 1er février 2018] Le PDG du groupe Lactalis, Emmanuel Besnier, a annoncé que la bactérie incriminée dans son usine de Craon était présente sur le site depuis 2005. Interrogé par France Info, l’Institut Pasteur vient ainsi de révéler que 25 nourrissons ont été contaminés par la même souche de salmonelle entre 2006 et 2016. La même que celle qui a contaminé 140 nourrissons en 2005 et 38 en 2017.

C’est une information inédite que vient de révéler le patron de Lactalis dans les colonnes des Echos. "La bactérie responsable des problèmes est la même que celle de 2005, époque à laquelle nous n’étions pas propriétaire du site", a annoncé Emmanuel Besnier avant d’ajouter : "elle était confinée dans les infrastructures de la tour numéro 1. Avant le 1er décembre nous n’avions pas d’éléments nous permettant de dire cela. Pas de problème non plus. Les analyses sur les produits finis étaient conformes aux exigences sanitaires".
Pas exclu que des bébés aient consommé du lait contaminé
Le 24 janvier dernier, Santé publique France faisait état de 38 nourrissons présentant une salmonellose survenus entre mi-août et décembre 2017. Des nourrissons de moins de 6 mois ont développé cette maladie transmise par du lait contaminé. Selon les résultats de l’enquête, l’usine Lactalis de Craon (Mayenne) en est à l’origine. Or, en 2005, dans la même usine, une contamination similaire avait déjà touché une vingtaine d’enfants.
"On ne peut donc pas exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé sur cette période", avoue le PDG de Lactalis. Et pour cause, quelques heures seulement après la publication de l’interview du PDG dans Les Echos, l’Institut Pasteur, interrogé par France Info, révèle qu’entre 2006 et 2016 25 nourrissons ont bien été contaminés par la même souche de salmonelle que celle de 2005 et 2017. 
"Grâce à une nouvelle technique que l’on utilise à l’Institut Pasteur depuis l’an dernier, on a été capables de revenir en arrière et de tester une centaine de souches isolées chez les nourrissons avec la salmonelle Agona", a expliqué à France Info le directeur du centre de référence des salmonella, Xavier Weill et d’ajouter, "on peut scientifiquement penser qu’il y a eu contamination à bas bruit de cette usine durant toute la période 2005-2017 et que, comme l’a dit le président de Lactalis, les travaux effectués dans l’usine en 2017 ont pu réactiver cette salmonelle". 
Fermeture définitive de la tour de séchage numéro 1
Pourtant, le groupe laitier affirme que des analyses systématiques ont été réalisées par un laboratoire indépendant mais qu’aucune alerte ne leur a été transmise. "Nous avons beaucoup de mal à comprendre comment 16 000 analyses réalisées en 2017 ont pu ne rien révéler. Nous avons des doutes sur la sensibilité des tests. Ce n’est pas possible qu’il y ait eu zéro test positif", constate le PDG.
D’où la décision "difficile", selon les mots d’Emmanuel Besnier, de fermer la tour de séchage numéro 1 dans laquelle la bactérie s’est développée. Les employés du site seront eux déployés sur des sites de Lactalis dans un rayon de 50 kilomètres de l’usine et, désormais, tous les tests effectués seront "sécurisés par un deuxième laboratoire".
Le 14 janvier dernier, le patron du groupe a promis, dans une interview au Journal du dimanche d’indemniser toutes les familles de victimes. Une centaine de plaintes ont d’ailleurs été déposées contre Lactalis, a affirmé le président de l’Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles, Quentin Guillemain.
Marina Fabre, @fabre_marina 

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