Relance, santé et retraite, Jean Castex fixe ses priorités à quelques heures de nommer son gouvernement

Lors de son preier WE au poste de Premier ministre, Jean Castex a multiplié les déplacements. - @PM
Lors de son preier WE au poste de Premier ministre, Jean Castex a multiplié les déplacements. – @PM

Déployer un plan de relance qui limitera les licenciements, finaliser le Ségur de la santé et reprendre calmement la réforme des retraites moyennant un nouvel agenda social. Alors que son gouvernement n’a pas encore été nommé, le nouveau Premier ministre Jean Castex se veut déjà dans l’action après un premier déplacement dans une usine et plusieurs interviews. Parmi ses opposants, on s’interroge toutefois sur son engagement écologique.

Après sa nomination vendredi 3 juillet au poste de Premier ministre, Jean Castex doit révéler la composition de son gouvernement ce lundi 6 juillet après un week-end de consultations et de rumeurs sur les entrants et les sortants. L’Élysée dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse assure que l’équipe gouvernementale devrait comprendre "une vingtaine de ministres et de ministres délégués". Le gouvernement actuel compte 16 ministres et trois ministres délégués, avec 17 secrétaires d’État.
Mais avant même cette annonce, Jean Castex se fait entendre. Il a déjà livré deux grandes interviews et a réalisé un déplacement dans l’usine de semi-conducteurs X-FAB à Corbeil-Essonnes, dans la région parisienne. De quoi se faire connaître des Français et commencer à tracer ses missions. Dans le Journal du dimanche, l’ancien Monsieur Déconfinement met en avant la réforme des retraites, le plan de relance et le Ségur de la santé. "Des décisions essentielles sont sur la table. L’emploi, évidemment, qui dans le contexte actuel requiert une mobilisation de tous dans le cadre de la nouvelle donne sociale lancée par le président de la République. Le soutien aux soignants et la transformation de notre système de santé dans le cadre du Ségur que je conclurai la semaine prochaine", a-t-il déclaré.
Faute d’accord avec les syndicats, Édouard Philippe avait décidé jeudi de prolonger de quelques jours le Ségur de la santé, alors qu’une enveloppe de 7 milliards d’euros se trouve sur la table pour les salaires des soignants. En ce qui concerne les retraites, Jean Castex affirme vouloir "a minima un nouvel agenda social" et régler "à court terme" ce dossier. Comprendre qu’il n’y aura pas de précipitation. Réponse de Philippe Martinez, le patron de la CGT, dimanche sur LCI : "Tous les syndicats sont d’accord aujourd’hui pour dire que la réforme des retraites, ce n’est pas un sujet prioritaire".
L’écologie n’est pas une option


Pour ce qui est du plan de Relance, "L’objectif du gouvernement, l’objectif de l’État, c’est de voir (…) comment ne pas simplement agir sur le court terme, c’est déjà important pour éviter le maximum de licenciements, comment on peut assurer les fondements d’une relocalisation, d’un maintien durable des emplois industriels et exposés à la concurrence dans notre pays". Dans ce cadre, il évoque la "responsabilité sociétale" des entreprises dans le maintien de l’emploi.
Il n’exclut pas la question écologique même si cela ne semble pas être le message porté en premier. Jean Castex a expliqué toutefois sur TF1 que l’écologie n’est "pas une option, c’est une obligation". Il évoque quelques sujets comme la lutte contre les fuites dans les réseaux d’eau, contre l’artificialisation des terres, pour l’isolement thermique, les toitures photovoltaïques, ou le bien-être animal.
Le maire écologiste de Grenoble Éric Piolle s’est montré circonspect dimanche quant aux ambitions du nouveau Premier ministre en matière d’écologie, estimant qu’elle n’est "vraiment pas dans son radar". Chez les Verts, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot voit une "parfaite continuité entre Jean Castex et Édouard Philippe" qui, selon lui, "n’ont jamais marqué un quelconque intérêt pour le climat ou la biodiversité".
Ludovic Dupin avec AFP

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