Quand les fans de la musique pop coréenne K-Pop s’allient aux adolescents qui fréquentent assidûment le réseau TikTok pour danser mais aussi faire de la politique, ils peuvent vider les gradins d’un meeting de Donald Trump qui a fait de Twitter son arme fatale. Retour sur ce conflit de générations planétaire où s’affrontent le monde d’avant, celui des grands-parents, et celui d’après, dans lequel leurs petits-enfants vont devoir vivre.
Ils ont appelé sur TikTok à prendre des réservations de billets pour le meeting avec l’intention de ne pas s’y rendre. Opération médiatique réussie puisqu’avant le meeting, Donald Trump clamait sur Twitter attendre un million de supporters qui avaient demandé des billets et, sur place, les caméras de télévision ont filmé 6 200 fervents supporters.
Les débats emblématiques du moment, le changement climatique côté environnement et le combat contre les inégalités en particulier raciales, côté social, sont aussi une gigantesque bataille de communication dont les principales armes sont les réseaux sociaux. Or le choix des armes est clef puisque chacun d’eux n’a pas du tout le même profil d’utilisateurs.
À ma gauche Twitter avec une figure de proue, Donald Trump, 74 ans, 82,4 millions d’abonnés sur Twitter, 46 abonnements (sa famille et ses proches). Il envoie des messages en rafale truffés d’appels provoquants en majuscules, retwitte ses autres comptes et, au passage, des fake news quand elles vont dans son sens. Pour la première fois, en 2020, il a été censuré à trois reprises par Twitter dans le cadre de sa nouvelle politique anti-haine. À ma droite TikTok, réseau en pleine ascension qui revendique 800 millions d’utilisateurs actifs par mois, en grande majorité des adolescents. Pendant que leurs parents croient qu’ils dansent en groupe devant leur smartphone, ils utilisent leur réseau social favori pour combattre un de leur principal ennemi : Donald Trump. Ils ont choisi une tête d’affiche qui a leur âge, le dernier fils du président américain Barron, 14 ans.
Barron, le fils de Donald Trump, devient un symbole
Exemple : un compte au pseudo à l’effigie de Barron Trump appelle la génération Z à faire déraper le site de campagne de Donald Trump en le noyautant avec des réponses fictives de comptes fictifs "comme ils l’ont fait pour le meeting de Tusla".
Go to trumps campaign >>> https://t.co/6W1Zl1AyAw <<< and use a fake name and email. And use the White House zipcode >>> 20500 <<< Let’s fuck it up just like we fucked up the Tusla Rally. Come on gen-z. We can do it #barrontrump #donaldtrump #melaniatrump #GO pic.twitter.com/my7MARRSRE
— Barron is a Barbz (@SAVEBARR0N2020) June 24, 2020
Anne-Catherine Husson-Traore, @AC_HT, Directrice générale de Novethic