Coronavirus : la France relève son plan d’urgence de 45 à 100 milliards d’euros

Le plan d'urgence réajusté sera présenté le 15 avril en Conseil des ministres. - @EricPiermont/AFP
Le plan d'urgence réajusté sera présenté le 15 avril en Conseil des ministres. – @EricPiermont/AFP

Alors que la France va voir son PIB 2020 chuter d’au moins 6 %, soit la pire récession depuis la Seconde guerre mondiale, le gouvernement vient d’annoncer le doublement de son plan d’urgence. Destiné à soutenir les entreprises face au Coronavirus, il passe de 45 à 100 milliards d’euros. Nous mettons tout en œuvre pour sauver nos entreprises", promet Bruno Le Maire dans une interview exclusive aux Echos. 

Le gouvernement s’adapte. Le 17 mars, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait annoncé la mise en place d’un plan d’urgence de 45 milliards d’euros dédiés aux entreprises en difficulté. Face à l’enveniment de la situation économique, le ministre, dans une interview aux Échos, vient d’annoncer relever ce plan à 100 milliards d’euros. "Ces chiffres pourront encore évoluer car la situation économique et le besoin de soutien des entreprises changent rapidement. Nous mettons tout en œuvre pour sauver nos entreprises", a-t-il affirmé.


Concrètement, les 100 milliards d’euros seront répartis notamment entre le report des charges fiscales et sociales et le remboursement de crédit d’impôts estimés à 48 milliards d’euros, le chômage partiel ou encore le fonds de solidarité qui passe d’un milliard à six milliards d’euros. Déjà 755 500 entreprises ont fait une demande et plus de 460 millions d’euros ont été versés aux 342 000 premières. 
Une chute de 32 % de l’activité économique en quinze jours
Il faut dire que les prévisions sont particulièrement mauvaises. Alors que la France prévoyait, dans un premier temps, un recul de 1 % du PIB en 2020, la Banque de France vient de réévaluer les prévisions de croissance et évoque un recul de 6 %, soit la pire récession depuis la Seconde guerre mondiale. "Chaque quinzaine de confinement nous coûte à peu près 1,5 % de niveau de PIB annuel et 1 % de déficit public supplémentaire", a souligné le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy sur les ondes de RTL.
Au total, l’activité économique a chuté de 32 % pendant la première quinzaine de confinement de mars. "Ce choc touche l’économie réelle, qui ne va pas revenir à la normale immédiatement, d’autant que la sortie du confinement sera nécessairement progressive. Certaines activités peuvent rapidement redémarrer comme les salons de coiffure par exemple. Mais les touristes ne reviendront pas du jour au lendemain. Dans l’industrie, les chaînes de production peuvent être très longues à rétablir. Prenez Airbus : un avion contient 500 000 pièces avec des centaines de sous-traitants", a expliqué Bruno Le Maire.


Pour l’instant, le détail de ce plan d’urgence réajusté n’a pas encore été dévoilé, il sera présenté, mercredi 15 avril en conseil des ministres. Dès sa création, ce plan  a été présenté comme une rupture, Bercy défendant son choix de maintenir les compétences et savoirs faire pour "pouvoir redémarrer l’économie le plus rapidement possible". Le gouvernement veut aussi articuler son action avec celle de l’Eurogroupe qui vient de s’entendre sur une réponse commune à 500 milliards d’euros. 


Marina Fabre, @fabre_marina
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