L’accord entre Londres et Bruxelles sur le Brexit, emporté in extremis le 17 octobre, devait faire l’objet d’un vote le samedi 19. Manqué ! Les députés britanniques se sont rebellés contre Boris Johnson, lui imposant un report du Brexit. Mais, celui-ci multiplie les manœuvres pour sortir coûte que coûte de l’Union européenne le 31 octobre. Toute la semaine, Novethic décrypte les répercussions du Brexit sous tous ses aspects : financier, économique, sociaux, culturels.
Que s’est-il passé le samedi 19 octobre ?
Après plusieurs semaines de négociations, pendant lesquelles Boris Johnson agitait régulièrement la perspective d’une sortie sans accord, le Royaume-Uni et la Commission européenne ont fini par se mettre d’accord le 17 octobre. Ce "deal", très proche de celui négocié en son temps par Theresa May, est intervenu in extremis et présente les modalités précises de sortie de l’Union européenne.
Le timing était serré car, début septembre, les députés britanniques ont voté le Benn Act, une loi fixant la date butoir du 19 octobre pour que leur soit présenté un accord. Sans quoi Boris Johnson devait demander un report du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020 – véritable épouvantail pour ce partisan d’un Brexit le plus rapide possible.
Comme l’amendement Letwin empêche un vote le 19 octobre, la loi Benn entre en jeu et oblige Boris Johnson à demander à l’Union européenne un report du Brexit au 31 janvier 2019. Un véritable affront pour le Premier ministre britannique.
Pourquoi Boris Johnson a-t-il écrit trois lettres ?
En conséquence de la fronde des députés, Boris Johnson a envoyé pendant le week-end trois lettres à destination de l’Union européenne. La première demande formellement le report au 31 janvier 2020, comme le Benn Act l’impose. Petite subtilité : Boris Johnson ne l’a pas signée. Sans conséquence sur le plan juridique, cette lettre sans paraphe marque le désaccord implicite du Premier ministre pour cette décision de report.
Un désaccord qui n’est plus voilé dans la seconde lettre, destinée à Donald Tusk, président du Conseil européen. Dans celle-ci Boris Johnson explique qu’il compte bien obtenir un vote pour une sortie au 31 octobre. La dernière, plus formelle, rappelle les modalités de la loi Benn. Boris Johnson, arc-bouté sur la date du 31 octobre, fait donc mine de respecter la volonté des députés, mais ne s’avoue toujours pas vaincu.
Quelles conséquences pour le Royaume-uni ?
Arnaud Dumas, @ADumas5