[À l’origine] Le ministère de la santé, en première ligne face au Coronavirus, né de l’hygiène publique et de la guerre

Justin Godart, premier ministre de la Santé en France pendant la Première guerre mondiale. - Archive
Justin Godart, premier ministre de la Santé en France pendant la Première guerre mondiale. – Archive

Depuis plusieurs semaines, le ministère de la Santé tient le compte des malades et des morts en France des suites de l’épidémie de Coronavirus. Et il martèle aux Français de rester de chez eux et de respecter les gestes barrières. Ce ministère, sous sa forme actuelle, existe dans tous les gouvernements successifs depuis 90 ans.

Tous les soirs, ou presque, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, tient une conférence de presse diffusée par de nombreuses TV et radios pour informer les Français de l’avancée de l’épidémie de Coronavirus dans le pays. Le ministère de la Santé est au front pour mener la lutte contre la maladie. Mais celui-ci n’a pas toujours existé, loin de là. Sa forme actuelle a moins d’un siècle, elle remonte à la Troisième République.

En réalité, le ministère de la Santé, appelé "ministère des Solidarités et de la Santé" depuis 2017, a une double origine. La première est le Comité consultatif d’hygiène publique de France crée en 1848 sous la Deuxième République. Il est d’abord placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, puis en 1902 sous celle du ministère de l’Intérieur, avant de rejoindre finalement le ministère de la Santé. Ce comité ne sera dissolu qu’en 2004, à la faveur du Haut Conseil de la santé publique (HCSP).
Santé des Armées
La seconde origine date de 1915 avec la première apparition de la notion de santé dans un portefeuille ministériel. Il s’agit  du Sous-secrétaire d’État à la Guerre en charge du Service de Santé militaire, rattaché au ministre de la Guerre. Le poste est occupé par Justin Godart (fondateur de ligue internationale contre le cancer en 1934). Le premier ministère pleinement dédié à ce sujet, baptisé Ministère de l’Hygiène, de l’Assistance et Prévoyance sociale, voit le jour en 1920. Il a sa tête Jules-Louis Breton.
Ce n’est qu’en 1930 que le comité consultatif d’hygiène publique de France et le ministère de l’Hygiène sont regroupés au sein du ministère de la Santé publique. Ce titre sera conservé, à l’exception de quelques périodes, jusqu’au milieu des années 70, avant d’opter pour le nom de ministère de la Santé, souvent associé aux affaires sociales et/ou à la jeunesse et au sport.
Parmi les grands noms qui ont occupés ce maroquin, on retrouve en 1968 Maurice Schumann, porte-parole de la France Libre durant la seconde guerre mondiale, en 1974 et en 1993 Simone Veil qui légalisera l’IVG en France, en 1988 Claude Evin qui a réglementé la publicité sur l’alcool et le tabac, en 1992 et 1997 Bernard Kouchner fondateur de Médecins sans frontières.
Ludovic Dupin @LudovicDupin

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