La France est en train de rater le virage des biomédicaments

Les investissements dans les biomédicaments ont chuté de 20% en 5 ans en France. Ces médicaments, issus du vivant, apparaissent pourtant comme l’avenir du secteur. D’ici 2020, ils devraient représenter 30% des ventes. 

20 % de baisse en 5 ans. Les investissements dans la production de médicaments biologiques (issus de cellules ou d’organismes vivants) sont passés de 6 millions d’euros annuels par site à 4,8 millions d’euros. Selon une étude publiée le 21 juin par KPMG pour le syndicat des entreprises du médicament (LEEM) et Polepharma, seuls cinq médicaments biologiques ont été produits par la France entre 2012 et 2016, contre 21 pour l’Allemagne. La production des laboratoires reste, dans l’Hexagone, très tournée vers les médicaments traditionnels issus de synthèse chimique.
Pourquoi est-ce important ? D’ici 2020, 30 % des médicaments devraient être des produits biologiques. Or la France enregistre un retard important. "Ces résultats constituent des signaux d’alerte pour l’avenir stratégique de la France tant sur le plan économique que social", estime le LEEM, rappelant que l’industrie du médicament a dégagé un excédent commercial de 76 milliards d’euros et pèse davantage que le secteur de l’aéronautique et celui de l’automobile avec 98 690 emplois directs.
Des médicaments chers et des risques sanitaires accrus
En 2013, 7 des 10 premiers médicaments vendus dans le monde étaient des biomédicaments. De manière plus générale, en 2015, ils représentaient 24 % des ventes. Des chiffres en constante augmentation, mais pas en France. "Le secteur sort aujourd’hui fragilisé d’un quinquennat marqué par l’instabilité des décisions politiques, l’empilement des normes administratives", dénonce le LEEM qui préconise une régulation économique plus attractive pour s’adapter aux enjeux de l’innovation. 
Reste à savoir si la société est prête à entamer ce virage. Car si les biomédicaments promettent de reléguer les cancers au rang de maladies chroniques, les prix de ces traitements restent inaccessibles au grand public car ils demandent de lourds investissements. Autre problème : les risques sanitaires. Contrairement aux médicaments chimiques, les biomédicaments, issus d’organisme vivants, stimulent le système immunitaire et une erreur de dosage pourrait avoir de lourdes conséquences.
Marina Fabre @fabre_marina

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