[Le monde en 2050] Stars Wars, la guerre des mines

Le module Dragon de SpaceX arrimé à l'ISS. - @SpaceX
Le module Dragon de SpaceX arrimé à l'ISS. – @SpaceX

Ces dernières années ont montré l’émergence d’un puissant secteur spatial privé, domaine jusqu’alors réservé aux grandes agences nationales. Les Américains SpaceX et Blue Origin ou le Chinois OneSpace sont en train de redonner une dynamique nouvelle à la conquête du système solaire. Mais ici il n’y a pas qu’une course à la science, mais bien une recherche de business "venu des étoiles". Novethic vous transporte en 2050 pour découvrir le monde secteur par secteur selon les grandes tendances identifiées aujourd’hui par nos journalistes.

Autour de la table du Conseil de sécurité de l’ONU, tout le monde est un peu circonspect. Les 15 pays membres sont là pour juger une affaire qui non seulement se déroule à près de 40 millions de kilomètres de la Terre et, qui plus est, oppose deux des membres permanents. C’est à proximité de l’astéroïde 2011 UW-158 que tout a commencé. L’orbiteur Midas07, fabriqué par SpaceX, s’apprêtait à larguer sur ce petit bout de caillou une sonde et un rover.



Pour la firme américaine, il s’agissait de revendiquer ce rocher de 600 mètres de long et 300 mètres de large. L’enjeu étant de mettre la main sur la plus grande réserve de platine connue du système solaire estimée à 5 000 milliards de dollars. Depuis sa découverte en 2011, de nombreuses entreprises privées entendaient se rendre sur ce géocroiseur. Mais à quelques jours de lâcher le drone, à la surprise totale, un impacteur chinois est venu percuter et détruire Midas07.
Un traité de l’espace

Pékin avait alerté depuis des années que le pays s’opposerait à cette mission, en vertu du traité de l’espace de 1967. Il juge que l’espace n’appartient à personne. Mais pour les États-Unis, ce texte est de facto inopérant depuis qu’en 2015, le président Barack Obama avait autorisé l’exploitation de l’espace par des sociétés privées, décision copiée par de nombreux autres pays. Washington notait par ailleurs l’hypocrisie de la Chine qui elle-même avait lancé deux ans auparavant, en 2050, une exploitation d’Hélium 3 sur la Lune.
En représailles à l’assaut de Pékin, les États-Unis venaient tout juste de détruire neuf satellites de communications de la société chinoise OneSpace privant une partie de l’Asie de télécommunications pendant quelques heures, le temps pour l’opérateur de redéployer sa constellation. C’était la première action militaire de la "Space Force", la branche militaire spatiale de l’armée américaine, dont le développement avait été lancé par Donald Trump en 2018.
Cela faisait des années que la course aux matières premières des astéroïdes autour de la Terre et de ceux de la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter faisait peser une menace de conflit entre les grandes puissances. D’autant plus que les entreprises indiennes, japonaises et israéliennes comptaient bien venir jouer des coudes avec Pékin et Washington. Pour beaucoup, la seule solution était d’abolir la neutralité de l’espace et d’ouvrir ce nouveau Far West.
Ludovic Dupin @LudovicDupin

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