Naufrage du « Grande America » : une nappe d’hydrocarbures se dirige vers les côtes françaises

Le navire grande America a sombré à 300 kilomètres des côtes françaises en raison d'un incendie à bord. - @MarineNationale
Le navire grande America a sombré à 300 kilomètres des côtes françaises en raison d'un incendie à bord. – @MarineNationale

Une nappe d’hydrocarbures se dirige actuellement vers les côtes françaises après le naufrage du navire italien "Grande America". Celui-ci a sombré au large de La Rochelle avec des matières dangereuses dans ses soutes, notamment 2 200 tonnes de fioul lourd et des centaines de tonnes d’acide chlorhydrique, ont annoncé les autorités.

"Au cours du vol réalisé cet après-midi au-dessus de la zone de naufrage du Grande America par l’avion de patrouille maritime Atlantique 2 de la Marine nationale, une nappe d’hydrocarbures a été localisée", a indiqué dans la soirée la préfecture maritime mercredi 13 mars dans la soirée.
Elle s’étendait sur une dizaine de kilomètres de long et un kilomètre de large, "à plus de 200 km des côtes". Ces observations aériennes ont été confirmées par le BSAA (Bâtiment de soutien et d’assistance affrété) VN Sapeur, maintenu sur la zone du naufrage, selon la même source. La mer y est très forte, avec des vagues de quatre à six mètres.
"Selon nos prévisions, des fragments pourraient atteindre certaines zones des côtes de Nouvelle-Aquitaine d’ici dimanche ou lundi, du fait d’une météo particulièrement défavorable, qui risque par ailleurs de rendre plus délicates les opérations de dépollution en mer", a déclaré dans un communiqué dans la nuit le ministre de l’Écologie, François de Rugy.
2 200 tonnes de fioul lourd
La France va notamment déployer en mer quatre "navires dédiés aux opérations de lutte anti-pollution" et prépare un plan de "dépollution sur terre", a indiqué le ministre. Selon le préfet maritime, le navire transportait "365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses et un peu plus de 2 000 véhicules". Les soutes du navire contenaient quelque 2 200 tonnes de fioul lourd, principale source de préoccupation.
Par ailleurs, le préfet maritime de l’Atlantique, le vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier, a rapporté avoir reçu de l’armateur "un inventaire complet" de leur contenu, dont une centaine de tonnes d’acide chlorhydrique et quelque 70 tonnes d’acide sulfurique. L’éventuelle pollution qui pourrait être causée par ces produits "serait très localisée", a estimé le vice-amiral d’escadre. De plus, une grande partie de ces produits avaient vraisemblablement déjà brûlé dans l’incendie à l’origine du naufrage.
Dépôt de plainte
L’association Robin des Bois entend porter plainte pour pollution et abandon de déchets auprès du tribunal de grande instance de Brest. "2 000 véhicules, c’est une casse automobile au fond de la mer représentant des centaines de tonnes de matières toxiques dans une zone très riche en poissons, plancton et mammifères marins", s’est insurgé auprès de l’AFP Jacky Bonnemains, porte-parole de l’ONG, disant craindre aussi une éventuelle pollution du littoral.
Le procureur de la République a ouvert une enquête, et l’armateur a été mis en demeure de "prendre toutes les mesures nécessaires pour concourir à la lutte contre les pollutions", précise par ailleurs François de Rugy dans son communiqué.
Ludovic Dupin avec AFP

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