L’indice Atmo France de la qualité de l’air est durci, mais il reste décorrélé des pics de pollution

Avec ce nouvel indice, les journées qualifiées de "mauvaises" ou "très mauvaises" passeraient, en moyenne, de 10 à 83 par an à Paris. - @CC0
Avec ce nouvel indice, les journées qualifiées de "mauvaises" ou "très mauvaises" passeraient, en moyenne, de 10 à 83 par an à Paris. – @CC0

L’indice Atmo France de la qualité de l’air a fait peau neuve au 1er janvier dernier. Il n’y aura plus de "très bons" jours, ce niveau étant supprimé, mais davantage de "très mauvais", car les critères pris en compte sont durcis. En revanche, cela n’aura pas d’incidence sur le déclenchement des pics de pollution, décorrélés de l’indice Atmo.

Depuis sa création en 1994, l’indice Atmo France, qui mesure la qualité de l’air, n’avait pas été réévalué. C’est chose faite depuis le 1er janvier 2021. Il prendra désormais en compte les particules fines PM2,5 émises d’abord par le secteur résidentiel, et particulièrement nocives, en plus du dioxyde de soufre, de l’ozone, du dioxyde d’azote et des particules PM10. En outre, il sera aligné sur les seuils, plus bas, de l’Agence européenne de l’environnement. Et le niveau "très bon" disparaît au profit de "extrêmement mauvais".
Conséquence, le nombre de journées qualifiées de "mauvaises" ou "très mauvaises" va augmenter. En se basant sur les données 2015-2017, elles passeraient, en moyenne, de 10 à 83 par an à Paris, de 8 à 86 à Marseille, de 13 à 81 à Strasbourg, de 6 à 60 à Bordeaux, de 14 à 108 à Lyon, ou encore de 6 à 109 à Grenoble. Mais cela ne signifie toutefois pas une dégradation de la qualité de l’air, qui, au contraire, a tendance à s’améliorer sur les vingt dernières années.
Pas plus de pics de pollution
"Ce nouvel indice, plus représentatif de l’état de la qualité de l’air, répond aux attentes des citoyens avec une indication plus fine géographiquement de l’exposition de la population à la pollution de l’air", précise le ministère de la transition écologique, dans un communiqué. En revanche, il est totalement décorrélé de l’outil de gestion des pics de pollution qui permet d’enclencher les dispositifs préfectoraux, et reste avant tout un outil de sensibilisation de la population, appelée à adapter ses activités en fonction du niveau d’alerte. Atmo France plaide pour une plus grande cohérence et une diffusion de l’indice dans les bulletins météo.
Déjà condamnée par la Cour de justice de l’UE, la France sera de nouveau jugée pour la pollution due aux particules fines PM10, a annoncé la Commission européenne. Début juillet, le Conseil d’État avait quant à lui condamné le gouvernement français à une astreinte historique de 10 millions d’euros par semestre de retard s’il ne durcissait pas son dispositif contre la pollution de l’air dans huit grandes agglomérations. La pollution de l’air ferait entre 48 000 et 76 000 morts par an en France et 4,2 millions dans le monde.
Concepcion Alvarez @conce1

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