Aujourd’hui, un litre sur cinq d’eau traitée et mise en distribution en France est perdue. En cause, un sous-investissement important dans le réseau de distribution vieillissant. Or, avec le réchauffement climatique, les épisodes de sécheresse et de canicule, l’enjeu devient primordial. La Fédération des entreprises de l’eau appellent, dans le plan de relance national, à doubler le taux de renouvellement des réseaux. Un chantier déjà identifié par le nouveau Premier ministre Jean Castex.
Une relance verte pour "sécuriser l’approvisionnement en eau potable"
Mauvais signal toutefois, la Convention citoyenne pour le climat n’a pas évoqué l’eau dans ses 149 propositions. Certes, ce n’était pas dans son mandat qui visait à baisser les émissions de CO2 du pays, mais cette absence a été repérée par les experts des services à l’environnement. Ainsi, dans une tribune publiée dans les Échos, Antoine Frérot, à la tête de Veolia et Bertrand Camus, patron de Suez, saluent la "percée verte aux élections municipales", accueillie "avec enthousiasme" la Convention citoyenne pour le climat mais ils nuancent.
Investir dans l’eau, créer des emplois
"Si la gestion des déchets et la transition vers une économie circulaire sont abordées, l’eau et la biodiversité sont insuffisamment prises en compte (…) Nous évaluons les besoins annuels en investissements, d’ici à 2025, à 3,3 milliards d’euros pour l’eau", expliquent les deux patrons. Une somme qui s’ajoutent aux six milliards déjà dépensées chaque année en France.
"Avec ces sommes (…) nous pouvons transformer dans les meilleurs délais la qualité (…) de l’eau que nous buvons et qui irrigue nos sols et nos cultures, de la terre dont nous ne sommes que des locataires". Au-delà de l’impact sanitaire environnemental, les deux auteurs jugent qu’investir dans l’eau, l’air et les déchets pourraient créer "plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects en France d’ici à 2025".