La France a pris l’engagement d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Mais bien avant, le pays, et en particulier les 10 plus grandes métropoles françaises, auront déjà émis toutes les émissions de gaz à effet de serre "autorisées" pour ne pas dépasser un réchauffement global de 2°C. Au rythme actuel, le budget carbone pourrait ainsi être dépassé dans 5 ans seulement à Aix-Marseille et dans 9 ans à Paris.
Au rythme actuel, dans combien de temps aurons-nous épuiser le budget carbone qui nous est alloué dans le cadre d’un scénario 2°C ? Le WWF a fait le calcul pour les 10 plus grandes métropoles françaises et le constat est que le temps presse. Selon les estimations de l’ONG, il ne leur reste en moyenne que 13 ans d’émissions de gaz à effet de serre au rythme actuel pour limiter la température globale à 2°C d’ici la fin du siècle. Et seulement cinq ans dans un scénario de réchauffement d’1,5°C. Au niveau national, il ne reste que quatre à dix ans avant d’exploser le thermomètre.
Or, selon le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat), 50 à 70 % des mesures d’atténuation et d’adaptation devront être prises au niveau infranational ,car c’est là que se concentrent le gros de la population et les taux les plus élevés de gaz à effet de serre."Cela implique que les métropoles devront doubler, voire tripler, l’ambition de leurs objectifs déjà fixés à l’horizon de 2030 et engager des actions plus ambitieuses dans les principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre (transport, logement et alimentation)" précise le WWF.
Aix-Marseille, Paris et Rouen dans le rouge
Dans le détail, les métropoles où la situation est la plus urgente sont Aix-Marseille-Provence (5 ans dans un scénario 2°C, et 2 ans dans un scénario 1,5°C) ; le Grand Paris (9 et 5 ans) et Rouen-Normandie (11 et 8 ans). Celles qui ont un peu plus de temps devant elles sont Toulouse (21 et 8 ans ), Nantes (20 et 7 ans) et Bordeaux (18 et 7 ans) 
Le tableau ci-dessus présente les droits à émettre des dix métropoles étudiées. Source : WWF France
"Les solutions et les exemples positifs existent : nous savons comment inciter les citoyens à se déplacer à vélo en et transports en commun, à manger bio et moins de viande, à rénover leur logement, à s’approvisionner en énergies renouvelables… Le vrai défi consiste maintenant à les généraliser. Pour y parvenir, il est indispensable que le gouvernement donne aux collectivités locales les moyens nécessaires", exhorte Pascal Canfin, directeur général du WWF France.
L’ONG rappelle que s’aligner sur les objectifs de l’Accord de Paris peut également être une source d’opportunités, car au-delà du bénéfice climatique, cela peut permettre de créer des emplois, d’innover, d’améliorer la qualité de vie, la santé des citoyens, d’accéder à de meilleures conditions de mobilité et engendrer de nouvelles ressources financières. Il n’y a plus qu’à accélérer.
Concepcion Alvarez, @conce1
(1) la Métropole du Grand Paris, la Métropole Aix Marseille Provence, la Métropole de Lyon, la Métropole Européenne de Lille, Bordeaux Métropole, Toulouse Métropole, Nantes Métropole, la Métropole Nice Côte d’Azur, l’Eurométropole de Strasbourg et la Métropole Rouen Normandie.