Le gouvernement canadien donne son feu vert à l’extension de l’oléoduc Trans Mountain

L'extension de Trans Mountain va tripler la capacité d’extraction de pétrole pour atteindre 890 000 barils par jour. - @Jiri Rezac-Greenpeace
L'extension de Trans Mountain va tripler la capacité d’extraction de pétrole pour atteindre 890 000 barils par jour. – @Jiri Rezac-Greenpeace

Au lendemain du décret de l’état d’urgence climatique, le gouvernement canadien a autorisé l’extension de l’oléoduc Trans Mountain qui relie les champs de sables bitumineux de l’Alberta à la côte ouest du pays. Une position difficile à tenir pour le premier ministre Justin Trudeau qui se pose comme défenseur de l’environnement, alors que son pays se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde.

Un jour, il décrète l’état d’urgence climatique. Le lendemain, il autorise l’extension de l’oléoduc Trans Mountain. Le gouvernement canadien a opéré cette volte-face fin juin. Pour le Premier ministre Justin Trudeau, il s’agit d’ouvrir le marché pour ne plus être dépendant des seuls États-Unis. Il défend aussi un moyen de transport du pétrole plus sécurisé que par voie ferroviaire.
L’oléoduc Trans Mountain relie les champs de sables bitumineux de l’Alberta aux ports de Colombie-Britannique, sur la côte ouest du pays. L’objectif est de tripler la capacité d’extraction de pétrole pour atteindre 890 000 barils par jour et de multiplier par sept le nombre de pétroliers au large de Vancouver et à destination des marchés asiatiques. 
Effets environnementaux négatifs importants
Ces travaux, qui doivent débuter cet été, avaient déjà été approuvés en 2016. Mais en août dernier, la Cour d’appel fédérale avait ordonné leur suspension, estimant qu’Ottawa n’avait pas consulté adéquatement les Autochtones et que l’Office national de l’énergie (ONE) avait failli à évaluer convenablement les effets environnementaux du transport maritime lié au projet.
La nouvelle évaluation de l’ONE établit que le projet va entraîner des effets environnementaux négatifs importants sur la vie marine locale mais estime qu’il faut aller de l’avant car les avantages sont considérables sur le plan économique. Justin Trudeau a par ailleurs promis que les profits réalisés dans le pétrole seraient réinvestis dans des projets d’énergie verte. Il a aussi lancé des consultations avec les peuples autochtones pour qu’ils prennent une part des ressources à venir ou qu’ils entrent au capital de Trans Moutain.
"C’est comme déclarer la guerre au cancer et ensuite faire la promotion du tabac", a réagi Patrick McCully, directeur de programme au Rainforest Action Network. Le Canada est déjà largement impacté par les effets du changement climatique (inondations records au printemps, tornades, canicules, feux de forêts…). Selon un récent rapport gouvernemental, le pays se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Les températures annuelles y ont augmenté de 1,7 degré depuis 1948, contre 0,8 degré ailleurs. Dans le nord du Canada, près du cercle Arctique, les températures ont même augmenté de 2,3 degrés en moyenne.
Concepcion Alvarez, @conce1

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