[LE CHIFFRE] La France pourrait connaître des étés à 50°C et plus

Des chercheurs alertent sur les épisodes de chaleur qui vont s’intensifier dans les décennies à venir dans l’Hexagone. Une nouvelle canicule de l’ampleur de celle de 2003 est attendue à l’été 2075. Rappelons qu’en France, elle avait tué entre 15 000 et 20 000 personnes. Certaines régions de l’est du pays pourraient aussi connaître une hausse de la température de 13°C, faisant passer le mercure au-dessus des 50°C.

Une partie de la France a encore été placée cette semaine sous vigilance orange à la canicule. C’est la troisième fois cette année. En juin, l’épisode caniculaire qui s’était étalé sur une semaine avait touché 79 départements. Un record depuis la création de l’alerte canicule en 2004.
Mais les Français vont devoir s’y habituer. Dans une nouvelle étude publiée mi-juillet dans la revue Environmental Research Letters (1), des chercheurs révèlent que les températures pourraient grimper de  13°C d’ici la fin du siècle dans l’Hexagone, par rapport à la période 1950-2005.
L’Est, région la plus touchée
Les maximums de température attendus seront supérieurs de 12,9°C dans l’Est, de 9,6°C dans le Sud-Ouest, de 7,7°C près de la côte méditerranéenne et de 6,6°C en Bretagne. Concrètement, cela signifie que le mercure pourra dépasser les 50°C à certains endroits et atteindre même les 55°C. Or la température maximale jamais atteinte en France est de 42,7°.
"Nous avons été les premiers surpris par nos résultats : 50 ou 55 °C, c’est énorme !", confie l’un des signataires de l’étude, Samuel Somot, au Monde. Les chercheurs prévoient également de nouveaux épisodes caniculaires de l’ampleur de celui de 2003 à l’été 2075, et puis en 2097 et 2099. Rappelons que la canicule de 2003 avait été la plus sévère enregistrée dans le pays, avec 15 000 à 20 000 morts excédentaires en France, et 70 000 morts sur l’ensemble de l’Europe.
Pour faire leurs calculs, les chercheurs se sont appuyés sur le scénario le plus pessimiste du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Celui-ci table sur un réchauffement global de 3,7°C. L’Accord de Paris, à ce jour ratifié par 157 États, prévoit de limiter la hausse de la température globale à 2°C, voire à 1,5°C. Mais d’ores et déjà des études indiquent que les chances d’atteindre cet objectif sont extrêmement minimes.
Concepcion Alvarez @conce1
(1) Voir l’étude 

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