[LE CHIFFRE] Il manque entre 20 et 40 milliards d’euros d’investissements pour le climat en France

Les besoins en investissements dans le climat sont compris entre 40 et 75 milliards d’euros par an d’ici à 2030.
Les besoins en investissements dans le climat sont compris entre 40 et 75 milliards d’euros par an d’ici à 2030.

La France investit chaque année 32 milliards d’euros en faveur du climat, un niveau encore trop insuffisant pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée, selon un panorama dressé par le think-tank I4CE. À l’occasion du One Planet Summit, le sommet sur la finance climat organisé le 12 décembre sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, Paris doit absolument concrétiser la réorientation des flux financiers vers la construction d’un monde à 2°C. 

Les investissements climat de la France ne représentent que la moitié de ce qui serait nécessaire pour atteindre les objectifs nationaux. Voici le bilan du Panorama des financements climats en France (1) établi par le think tank I4CE (Institute for Climate Economics) en amont du One Planet Summit du 12 décembre, le sommet de la Finance climat porté par l’Elysée.  
Au total, 32 milliards d’euros ont été investis dans le climat chaque année entre 2013 et 2016, mais I4CE estime qu’il manque entre 20 et 40 milliards pour répondre aux besoins. L’institut, qui se base sur la stratégie nationale bas-carbone et la programmation pluriannuelle de l’énergie, évoque ainsi un besoin d’investissements compris entre 40 et 75 milliards d’euros par an d’ici à 2030. À titre de comparaison, au niveau mondial, ce sont 1 000 milliards de dollars par an qui sont nécessaires pour s’aligner sur un monde à 2°C. 
À la veille du One Planet Summit, I4CE invite donc les participants à la conférence à étudier les outils permettant de rediriger les investissements vers le climat. "Nous devons rapidement trouver la bonne manière d’employer la réglementation, les instruments financiers et des incitations pour être au niveau de nos attentes. Il faut surtout trouver la meilleure façon d’impliquer les financements du secteur privé car il serait difficile – voire impossible – pour les budgets publics de financer seul les investissements nécessaires", explique Benoit Leguet, directeur de I4CE.  
Les ménages et les entreprises réalisent 64 % des investissements  
Dans le détail, en 2016, 14,5 milliards d’euros ont été affectés à l’efficacité énergétique, 9,2 milliards aux infrastructures durables de transports et de réseaux, 5,9 milliards au développement des énergies renouvelables et 2,1 milliards au développement et à la rénovation du parc nucléaire.  
Les ménages et les entreprises réalisent à eux seuls 64 % de ces investissements, principalement dans le bâtiment pour les premiers, et les énergies renouvelables pour les seconds. Mais c’est bien le secteur public qui a conduit plus de la moitié des financements qui soutiennent ces investissements depuis 2013.  
Selon I4CE, le principal point d’achoppement concerne la rénovation des logements privés avec un écart très important entre les investissements réalisés et les besoins estimés. Le gouvernement a annoncé vouloir rénover 500 000 logements par an, en mobilisant 14 milliards d’euros sur cinq ans, dans le cadre notamment du Grand Plan d’investissement. Des efforts sont également à prévoir dans les véhicules bas-carbone et les réseaux de chaleur tandis que les investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures de transports durables sont proche des besoins.  
Concepcion Alvarez @conce1
(1) Voir l’étude 

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