Pénurie d’eau, hausse du niveau de la mer ou baisse des récoltes agricoles, voici ce qui va pousser plus de 140 millions de personnes à quitter leur lieu de vie d’ici la moitié du siècle. Ils seront issus de trois régions : l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique latine. En cause, le réchauffement climatique, qui est devenu le principal facteur de migrations.
Imaginez l’équivalent de deux fois la population française lancée sur les routes, valises à la main, obligée de quitter son lieu de vie pour fuir les effets du changement climatique, comme la baisse de la production agricole, la pénurie d’eau et la hausse du niveau de la mer. C’est le scénario noir qu’a présenté en début de semaine la Banque mondiale dans un nouveau rapport.
Les chercheurs se sont focalisés sur trois régions particulièrement frappées par le réchauffement : l’Afrique subsaharienne, l’Amérique latine et l’Asie du Sud. Ils ont estimé que, si rien n’est fait pour inverser la tendance, on compterait en 2050, 143 millions de déplacés.
Pacte mondial sur les migrations
L’Afrique subsaharienne serait largement touchée avec 86 millions de déplacés climatiques. Ainsi, en Éthiopie, c’est la baisse des récoltes qui constituera la première cause de migration. D’ici 2050, l’Asie du Sud pourrait enregistrer 40 millions de migrants climatiques. Le Bangladesh serait par exemple fragilisé par des épisodes de submersion de ses zones côtières et des difficultés d’accès à l’eau potable. Enfin, l’Amérique du Sud, compterait 17 millions de déplacés internes.
Selon les prévisions des chercheurs, le Mexique verrait déferler dans ses centres urbains les populations des régions rurales affectées par le réchauffement. "Mais si l’on parvient à limiter les émissions de gaz à effet de serre, ce sont seulement 40 millions de migrants climatiques, et non 143 millions, auxquels ces trois régions devront faire face. La différence est énorme", plaide John Roome, directeur en charge du changement climatique à la Banque mondiale. Pour cela, les gouvernements doivent anticiper ces déplacements internes massifs.
Sous l’égide des Nations Unies, ils doivent signer en décembre au Maroc un Pacte mondial sur les migrations non contraignant, calqué sur l’Accord de Paris. Il doit notamment permettre de définir une vision commune de la manière dont tous les pays peuvent tirer parti des migrations. Mais ce sera sans Donald Trump. Le Président américain a annoncé en décembre le retrait des États-Unis de ce projet de pacte, jugé "incompatible" avec la politique migratoire américaine.
Concepcion Alvarez, @conce1