A SORTIR DE LA SERIE Et si le monde parvenait à limiter le réchauffement global à 1,5°C ?

Les engagements récents pris par certains Etats nous ramènent sur une trajectoire de réchauffement de 2°C, encore trop élevée. - @CC0
Les engagements récents pris par certains Etats nous ramènent sur une trajectoire de réchauffement de 2°C, encore trop élevée. – @CC0

En cette période de fêtes et après une année 2020 particulièrement éprouvante, Novethic vous propose de vous évader toute la semaine avec une série de récits prospectifs. Et si…les États parvenaient à limiter le réchauffement global à 1,5°C, à quoi ressemblerait le monde dans lequel nous vivrions ? Les experts ne cessent de le marteler, il n’est pas trop tard pour agir, mais il faut s’y mettre dès maintenant.

La fin de l’année 2020 aura vu l’Accord de Paris renaître de ses cendres. Dès le mois de septembre, la Chine le ranimait en s’engageant dans la neutralité carbone, suivie par le Japon, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud et même le Brésil. Parallèlement, Donald Trump a été battu par Joe Biden aux élections présidentielles permettant ainsi aux États-Unis de revenir dans la partie. Et l’Union européenne a relevé son ambition à court terme. Toutes les planètes semblent désormais alignées pour agir contre le changement climatique et tenter de limiter le réchauffement global à 1,5°C.
Cet objectif, acté en 2015 par la communauté internationale, doit nous permettre d’éviter le pire. Sur un plan économique d’abord, ne pas agir se révélerait extrêmement plus coûteux que d’investir dès aujourd’hui dans la transition bas-carbone. Cela se chiffre en centaines de milliers de milliards de dollars. La pandémie de Covid-19 en est un exemple très frappant, les États ayant déjà prévu de débloquer 12 000 milliards de dollars rien que dans leurs plans de relance.
Déjà 23 millions de déplacés climatiques en 2020
Limiter le réchauffement climatique à 1,5°C permettrait également de sauver deux fois plus d’espèces, de préserver les récifs coralliens, voués à la disparition dans un monde à 2°C, ou encore de limiter la casse aux pôles où la banquise ne serait amenée à fondre totalement "qu’une" fois par siècle au lieu de tous les dix ans. Or, plus de 40 % de notre économie dépend des services écosystémiques (photosynthèse, matières premières, qualité de l’air…) rendus par la nature. Et l’OCDE estime leur valeur économique entre 125 et 140 000 milliards de dollars par an, soit presque le double du PIB mondial.
Alors que l’impact du changement climatique est déjà visible partout, y compris en France, avec des inondations meurtrières et des sécheresses inédites, rester sous la barre des 1,5°C mettrait à l’abri des centaines de millions de personnes exposées aux risques climatiques, à la montée des eaux et à la pauvreté. On compte d’ores et déjà 23 millions de déplacés en 2020 à cause du climat et la météo, et on en prévoit 250 millions pour 2050, source de conflits à venir. "Nous sommes à l’aube de la barbarie climatique" alertait en 2019 la journaliste et militante canadienne Naomi Klein. 
Les experts du Giec sont formels : il n’est pas trop tard pour agir. En revanche, il faut s’y mettre tout de suite et réduire de 45 % nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 pour atteindre la neutralité carbone en 2050. "Si nous n’agissons pas maintenant, nous allons vers un monde en permanence en gestion de crises", prévient la climatologue Valérie Masson-Delmotte. Chaque dixième de degré compte et chaque geste compte lui aussi. Alors pour 2021, et si nous prenions comme résolution d’agir un peu plus pour la planète ?
Concepcion Alvarez @conce1

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