Des gaz contribuant au réchauffement de la planète ont atteint des niveaux records partout dans le monde en 2017, une année marquée par des températures anormalement élevées et une montée des eaux rapides, selon un document de référence publié par des agences américaines.
Selon le rapport annuel publié par l’Agence nationale océanique et atmosphérique (NOAA) et la société américaine des météorologistes, tout un ensemble d’indicateurs montre que le réchauffement de la planète s’est accéléré. Ce rapport de 300 pages, compilé par plus de 450 scientifiques originaires d’une soixantaine de pays, emploie le mot "anormal" plus d’une douzaine de fois pour décrire des tempêtes, des sécheresses, les températures élevées ou encore la fonte record de la glace dans l’Arctique en 2017.
L’année dernière, le taux de concentration des trois gaz à effet de serre les plus dangereux relâchés dans l’atmosphère – dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote – a atteint des nouveaux records. Le taux de concentration annuel de CO2 à la surface de la Terre a atteint 405 parties par million (ppm), "au plus haut dans l’enregistrement des mesures atmosphériques modernes".
Hausse rapide du niveau de la mer
Le record de l’année la plus chaude de l’époque moderne a été battu en 2016, mais 2017 n’en est pas loin avec "des températures bien plus élevées que la moyenne" sur une bonne partie de la planète, souligne le rapport. Par ailleurs, elle a été "l’année sans El Nino la plus chaude" depuis que les données sont systématiquement collectées, souligne le rapport, faisant référence au phénomène climatique occasionnel qui pousse les températures à la hausse.
En 2017, le niveau de la mer a également affiché un record pour la 6ème année consécutive. Le niveau moyen de la mer est désormais plus élevé de 7,7 centimètres qu’en 1993. "Je compare l’océan à un train de marchandises", a souligné Gregory Johnson, un océanographe qui travaille pour les services météorologiques fédéraux (NOAA). "Même si nous gelions les taux de gaz à effet de serre à leur niveau actuel, les océans continueraient à se réchauffer et la mer continuerait à monter pendant des siècles voire des millénaires", a-t-il déclaré lors d’un point de presse.
Dans l’Arctique, la température au sol était de 1,6°C supérieure à la moyenne enregistrée sur la période 1981-2010 et le rapport souligne "que l’Arctique n’a pas connu de températures aussi anormalement élevées de l’air et de la surface de l’eau depuis 2000 ans".
La Rédaction avec AFP