Les jeunes du monde entier sont appelés à troquer leurs cahiers contre des banderoles ce vendredi 24 mai, à l’occasion de la deuxième journée de grève mondiale pour le climat organisée dans 120 pays. À quelques jours du scrutin européen, cette nouvelle mobilisation entend alerter les électeurs sur l’urgence climatique.
C’est parti pour une nouvelle mobilisation internationale. Vendredi 24 mai, les jeunes – et moins jeunes – du monde entier sont appelés à se mettre en grève pour exiger de leurs décideurs politiques des actions immédiates et concrètes pour enrayer la crise climatique. En plein scrutin européen, cette nouvelle journée de grève mondiale doit servir d’alerte pour tous ceux qui iront voter ce week-end.
"Des manifestations, tant nationales que locales, et plus particulièrement dans quatre villes dotées d’institutions européennes, auront lieu devant les principales institutions européennes et les sièges nationaux du pouvoir" précise le collectif Youth for Climate France. "Les élections européennes sont des élections climatiques. L’Union européenne doit prendre au sérieux la menace du changement climatique et placer la politique climatique avant toute décision. Le vendredi 24 mai, soyons toutes et tous en grève pour exiger notre droit à un futur !"
"Le mouvement de grève scolaire lancé par Greta Thunberg a contribué à éveiller les consciences et à faire du changement climatique un enjeu central de ces élections. C’est maintenant à tous les citoyens de répondre à l’appel de la jeunesse en allant voter pour des candidats qui s’engagent sincèrement et résolument en faveur d’une transition juste" commente Laurence Tubiana, directrice générale de la Fondation européenne pour le climat.
120 pays mobilisés
Une centaine de villes en France prévoient des mobilisations vendredi, à Bordeaux, Nantes, Rennes, Lille, Nancy, Lyon, Marseille, ou encore Toulouse, avec le soutien de plus de 85 associations et syndicats. À Paris, rendez-vous est donné à 13h place de l’Opéra. Pour les salariés ne pouvant pas se joindre aux marches vendredi, le collectif Citoyens pour le climat suggère d’aller travailler avec un brassard pour soutenir les grévistes ou d’interpeller son employeur sur le réchauffement climatique et le déclin de la biodiversité.
Au total, 120 pays sont mobilisés : États-Unis en tête, Royaume-Uni, Suisse, mais aussi Paraguay, République dominicaine, Kenya, Bangladesh et même Koweït. "La mobilisation est en hausse, notamment en Allemagne et en Italie, ainsi qu’en Afrique et en Asie qui étaient très peu mobilisés jusqu’à présent", précise Youth for Climate. Le 15 mars dernier, la première grève mondiale pour le climat avait rassemblé 1,8 million de personnes dans 2 000 villes du monde entier. Elles étaient 168 000 en France dont 50 000 à Paris. "Ce n’était qu’un début" promettent les organisateurs de la grève.
Urgence climatique
Le mouvement a été lancé en août dernier par la jeune Suédoise Greta Thunberg, qui a commencé à faire grève tous les vendredis devant le Parlement de son pays. Son expérience a rapidement fait tâche d’huile et permis une prise de conscience globale de l’urgence climatique. Dans ce contexte, le Royaume-Uni et l’Irlande ont d’ores et déjà décrété l’urgence climatique. En Belgique, où les jeunes ont été jusqu’à 70 000 dans les rues, les dirigeants se sont saisi des idées du Pacte finance climat et portent la création d’une banque européenne pour le climat.
En France, une proposition de résolution déclarant l’état d’urgence climatique et écologique a été déposée le 14 mai dernier par les députés de la France insoumise. Elle invite à mettre en œuvre "une règle verte, placée au sommet de la hiérarchie des normes, qui subordonne l’économie à l’écologie et qui impose de ne pas prélever sur la nature plus de ressources renouvelables que ce qu’elle peut reconstituer en un an, ni produire plus de déchets que ce qu’elle peut supporter. Cette règle verte doit conduire à la protection des biens communs et à faire primer l’intérêt général environnemental sur l’intérêt financier particulier".
Après cette seconde journée de grève mondiale, les jeunes prévoit une semaine d’actions intensives à partir du 20 septembre, en amont du Sommet Action Climat des Nations Unies organisé à New York le 23 septembre. Son secrétaire général, Antonio Guterres, a déjà prévenu les dirigeants du monde qu’ils devraient venir avec des "plans d’action concrets et réalistes" pour réduire de 45 % les gaz à effet de serre sur les dix ans à venir et pour les supprimer totalement d’ici à 2050. "Le changement climatique va plus vite que nous et si nous ne renversons pas la tendance, ce sera une tragédie pour le monde entier" a-t-il alerté.
Concepcion Alvarez, @conce1