Le génie de l’Humanité est sans limite. Des cerveaux féconds œuvrent déjà à la sauver du pire. Pour cela, trois directions possibles : le sous-sol, le fond des océans et Mars. Jusqu’à Noël, Novethic vous propose d’ouvrir une case de son calendrier de l’Avent. Chaque jour, vous découvrirez une bonne nouvelle qui prouve que le combat pour le climat, l’environnement, la biodiversité, l’égalité n’est pas perdu.
Enterrer nos villes
Avec 9,5 milliards d’habitants en 2050, à 75 % en zone urbaine, il est sûr que l’avenir de l’Homme et de la planète se joue en ville. Or, celles-ci, de plus en plus tentaculaires, ont un poids environnemental grandissant et colonisent les terres agricoles. Une piste pour minimiser leurs impacts est d’arrêter leur expansion horizontale pour viser un développement sous-terrain.
Le sous-sol, aujourd’hui réservé aux canalisations et aux transports est pourtant un abri sûr, tempéré, à l’abri des catastrophes (séismes, ouragans…). Helsinki, capitale de la Finlande, mène un très sérieux projet en la matière. La ville veut déployer 400 "lieux" sous terre lors de la prochaine décennie : logements, stades sportifs, commerces, bureaux… Une ville souterraine de 600 000 habitants, soit autant que celle en surface.
Montréal au Canada a déjà un vaste réseau souterrain pour faire face au froid. Or, la ville laisse de plus en plus de place dans ses galeries aux magasins et aux restaurants. La métropole du Québec calcule même que 12 % de ses commerces du centre-ville sont sous le sol.
#Paris invite les architectes à réinventer les espaces sous-terrains libérés par les voitures #RéinventerParishttps://t.co/0ZXqOrMd44
— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) 24 mai 2017
Même Paris, dont le sous-sol est un immense gruyère, entend reprendre la main sur son espace sous-urbain. Dans le cadre du Grand Paris, la capitale a lancé un vaste appel à projets pour exploiter au mieux ses stations de métros abandonnées, ses vieux parkings, ses champignonnières…
Vivre sous l’océan
L’Humanité est partout sur la Terre. Mais la terre justement ne représente que 30 % de la surface de la planète. Reste les 70 % d’océan que l’Homme (sur)exploite, mais qui pourrait aussi devenir son habitat un jour.
C’est le projet que propose l’une des plus importantes entreprises japonaises du bâtiment Shimizu Corporation. Baptisé "Ocean Spiral", le concept repose sur des sphères de 500 mètres de diamètre capables d’accueillir 4 000 habitants. Immergées à 90 %, ces boules géantes seraient reliées au fond marin profond à 3000 ou 4000 mètres.
Pour l’entreprise, ce milieu serait idéal. Les ressources en nourriture sont abondantes. Les matières premières dans l’eau et sur le plancher océanique sont en quantités considérables. Les courants thermiques et les organismes méthanogènes fourniraient tous les besoins énergétiques nécessaires. Enfin, il suffirait de désaliniser l’eau environnante.
Cette structure n’est bien sûr qu’un projet d’architecte qui ne ressemble que très vaguement à ce que pourrait être une véritable ville sous-marine du futur. Toutefois, elle doit aussi nous sensibiliser à la protection de ce milieu, gorgé de nos plastiques, mais qui sera peut-être demain notre maison.
Aller sur Mars
Pour certains, la planète Mars n’est pas seulement une zone d’exploration intrigante pour l’Humanité. La Planète rouge serait l’arche de Noé de notre espèce. Pour le patron de Tesla et SpaceX Elon Musk, la conquête de notre voisine est un enjeu crucial pour que l’Humanité survive à une dégradation irréversible de notre environnement ou à une nouvelle guerre mondiale.
C’est pourquoi il promet pour 2019 les premiers essais de sa BFR, pour "Big Falcon Rocket", un engin spatial capable de rallier Mars et d’y emmener 100 personnes. Dans des présentations au Congrès international d’Astronautique, le dirigeant envisage d’envoyer des premiers colons au milieu de la prochaine décennie. Mais pour ce qui est d’une vraie cité martienne, ce serait pour la seconde moitié du siècle.
Du côté de la Nasa – la seule organisation spatiale au monde qui a réussi l’exploit de poser des robots sur Mars -, il faudra au moins 25 ans pour surmonter les obstacles techniques avant d’atteindre la planète rouge. Mais déjà, pour l’agence américaine, le travail sur des habitats martiens, sobres et autonomes, est une piste pour participer à endiguer le changement climatique, ici, sur Terre.
Ludovic Dupin, @LudovicDupin