Climat : Woodside, premier énergéticien australien, se convertit à la taxe carbone

Le géant énergétique australien Woodside a demandé au gouvernement de réintroduire un système de taxe carbone. - @Woodside petroleum
Le géant énergétique australien Woodside a demandé au gouvernement de réintroduire un système de taxe carbone. – @Woodside petroleum

Le géant énergétique australien Woodside a demandé au gouvernement de réintroduire un système de taxe carbone. Un revirement de la part du pétrolier qui s’était jusqu’à maintenant fermement opposé à une telle mesure. Il rejoint les géants miniers BHP et Rio Tinto qui affirment vouloir agir face au changement climatique dans un pays encore très dépendant du charbon et donc fortement émetteur.

Après BHP et Rio Tinto, les deux plus grands groupes miniers du monde, le géant australien Woodside petroleum demande à son tour une taxe carbone. Un revirement qui en dit long sur les défis auxquels sont confrontés les pétroliers et autres industries émettrices aujourd’hui.
Jusqu’à présent, Woodside, premier producteur de pétrole et de gaz australien, s’était opposé à la taxe carbone. Mais son patron actuel, Peter Coleman, estime aujourd’hui que les entreprises auraient tout à gagner, même économiquement, d’un prix du carbone fort.
"Nous avons besoin d’un prix sur le carbone. Nous devons nous assurer que l’énergie la plus efficace pénètre dans le système, a-t-il expliqué sur la chaîne de télévision ABC. Nous ne voulons pas de résultats pervers lorsque des fournisseurs d’énergie au coût le plus bas sont en concurrence avec les énergies renouvelables, et nous nous retrouvons dans une situation dans laquelle nous avons beaucoup investi dans les énergies renouvelables, mais nous ne voyons aucun bénéfice du point de vue du carbone". 
L’Australie, pays fortement émetteur, en manque de stratégie climatique
Le message de Peter Coleman n’a pourtant pas convaincu le gouvernement australien. Le ministre de l’Energie Angus Taylor estime que le gouvernement remplira les objectifs de l’Accord de Paris sans taxe carbone et que le gouvernement fait déjà "reculer les émissions".
La question climatique est l’un des gros points de crispation dans la politique australienne. L’ancien Premier ministre conservateur Malcolm Turnbull a été victime d’un putsch de son propre parti, en partie motivé par ses efforts pour inscrire dans la loi les objectifs de réduction des émissions consécutifs à l’Accord de Paris sur le climat de 2015.
Le pays est encore très dépendant du charbon. Selon Climate Analytics, l’Australie est responsable de 1,46 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et l’un des plus émetteurs par personne. 
Béatrice Héraud avec AFP

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