Sans les partenariats publics-privés, impossible de financer un monde à 2°C

C’est un constat clair dressé lors du One Planet Summit, le secteur public ne peut financer seul la transition climatique. Pour attirer les entreprises et investisseurs, il faut les inciter via un cadre législatif favorable. Et installer un environnement de confiance, grâce à des investissements publics qui diminuent la prise de risque. 

Mobiliser le secteur privé. C’est l’un des maîtres-mots du One Planet Summit qui s’est ouvert ce mardi 12 décembre à Paris. L’enjeu est de pousser les entreprises et investisseurs privés à financer la lutte contre le changement climatique. Car, "nous n’avons pas besoin de milliards mais de milliers de milliards", estime la ministre de l’Environnement canadienne, Catherine McKenna. Or pour l’instant, les partenariats privés-publics ne sont pas la norme.
"Exploiter le potentiel des marchés privés"
"Des progrès ont été faits", avance pourtant le Premier ministre des Fidji Frank Bainimaram, également Président de la COP23 qui s’est tenu en novembre à Bonn, en Allemagne. "Les marchés privés ont un rôle majeur, nous devons exploiter leur potentiel", ajoute t-il, estimant que les grandes capacités de financement du secteur privé doivent être orientées et canalisées par les institutions publiques.
Pour cela, il faut d’abord instaurer un cadre législatif, une réglementation favorable aux investissements. En Inde par exemple, la société SBI Capital Markets Limited s’est lancée dans l’installation de panneaux solaires sur les toits des maisons. Le pays compte, d’ici 2022, produire 40 MW d’énergie grâce à cette source d’électricité. "Nous avons bénéficier de lignes de crédit à un taux réduit de 2,5%  qui nous ont permis de nous déployer", explique la présidente de la société, Varsha Purandare.
91 entreprises françaises investissent massivement dans la transition 
Au Maroc, secteurs public et privé ont participé à un énorme projet solaire destiné à alimenter en énergie deux millions d’habitants. "Le premier levier a été le financement des bailleurs de fonds, comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Cela a permis aux investisseurs privés de s’engager dans un projet classique sans risque", explique Mustapha Bakkouri président de l’Agence marocaine de l’énergie solaire. "La transition suppose que nous arrivions un jour à une rentabilité équivalente au marché des énergies fossiles".
En France, ce sont les entreprises qui appellent à accroître les partenariats publics-privés. En particulier, la coalition French Business Climate Pledge. Lancée le lundi 11 décembre, ce regroupement de 91 entreprises , représentant 1500 milliards de chiffre d’affaires, se sont engagées à investir hauteur de 300 milliards d’euros dans les énergies renouvelables, la R&D et des projets verts d’ici 2020. De quoi montrer la voie.
Marina Fabre @fabre_marina

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