L’agriculture bio française n’arriverait pas à répondre à la demande des consommateurs français, selon une nouvelle étude publiée le 13 décembre, ce qui aurait pour conséquence une hausse des importations. Alors que l’étude plaide pour une augmentation des surfaces agricoles bio et un meilleur rendement, les agriculteurs réclament eux leurs aides à la conversation, annulées par le gouvernement, pour pouvoir se développer correctement.
La France va-t-elle devoir importer des produits agricoles bio faute d’approvisionnement nécessaire ? Selon une nouvelle étude publiée par l’assureur-crédit français Coface, les agriculteurs bio ne produisent pas assez pour répondre à la demande. Il faudrait, pour cela, qu’ils augmentent leurs surfaces et rendements, avance l’étude.
« L’augmentation des rendements via l’innovation est une question clé »
« L’offre française semble peiner à répondre à une demande dynamique (…) l‘augmentation des rendements, via l’innovation et/ou l’extension des surfaces cultivées en bio est une question clé », estiment les auteurs de l’étude qui pointe un ralentissement des conservions à la bio.
« On a recommencé à importer, avec même des tensions sur certains approvisionnements », ajoute même Bruno de Moura Fernandes, co-auteur. Pour lui, pas de doute, l’agrandissement des exploitations est « inévitable » pour répondre à la demande. Or le secteur n’y est pas favorable, craignant que l’agriculture bio à grande échelle ne produisent les mêmes conséquences néfastes socialement et environnementalement que l’agriculture conventionnelle.
Les agriculteurs bio dénoncent les « incohérences » du gouvernement
Pour pouvoir se développer, les agriculteurs bio réclament le rétablissement des aides publiques supprimées et dénoncent les « incohérences » budgétaires du gouvernement, à quelques jours de la clôture des Etats généraux de l’alimentation (Egalim). « En 2014, un producteur bio touchait en moyenne 2000 euros de moins qu’un producteur non engagé dans une démarche de progrès environnemental », affirme Jean-François Vincent, un producteur bio en région Centre.
Au total, les producteurs demandent 418 millions d’euros sur trois ans pour financer les aides publiques promises, soit 140 millions par an, « une goutte d’eau sur les 7,7 milliards d’euros des fonds PAC »a déclaré la Fédération nationale de l’agriculture bio (FNAB) dans un communiqué mercredi 13 décembre.
« Dans certaines régions il n’y a plus d’argent du tout pour financer les aides, nous sommes d’autant plus inquiets que nous venons de comprendre qu’après la suppression des aides au maintien en agriculture bio, le gouvernement envisageait aussi maintenant de réduire à trois ans (au lieu de cinq, ndlr) les aides à la conversion en bio », explique Stéphanie Pageot, présidente de la FNAB. « L’Etat doit assumer ses choix politiques, et financer sur ses deniers les aides promises », martèle la FNAB.
La France, troisième marché mondial du bio
Ainsi selon la Fédération, la prolongation du crédit d’impôt annoncé par le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert en même temps que la suppression des aides au maintien des exploitants bio à partir de 2018, « va représenter pour l’Etat un coût de 50 à 60 millions d’euros par an, alors que l’aide au maintien supprimée ne coûtait que 10 à 12 millions d’euros par an ».
Pour rappel la France est le troisième marché mondial du bio (5,9 milliards d’euros en 2015, soit 7% du marché total et Coface estime qu’il atteindra environ 8 milliards en 2017), derrière les Etats-Unis (40 milliards en 2015, soit plus de 40% du total) et l’Allemagne (11%) et juste devant la Chine, le Canada et les autres principales économies européennes.