Depuis quelques années, le commerce en ligne s’est développé, tendance tirée par la crise du COVID. Pourtant, certains modèles, notamment ceux incarnés par les places de marché (Amazon, Shein, Temu, etc.) sont accusés de pousser à la consommation, d’être destructeurs pour le climat, les ressources naturelles, mais aussi de violer les droits humains. En parallèle, une nouvelle tendance se démarque avec la croissance de l’offre de produits de seconde-main (ex : Vinted) et reconditionnés (ex : Back Market). Elle séduit de plus en de consommateurs désireux d’allier offre bon marché et responsable.
Un bénéfice environnemental contraint par le modèle e-commerce
Le principal avantage environnemental de l’offre issue du réemploi, contrairement au e-commerce classique, tient à la circularité : les produits revendus évitent l’utilisation de ressources nécessaires à la production d’un article neuf et permettent de réduire les déchets.
Toutefois, les enjeux environnementaux ne se limitent pas au produit acheté, et c’est là que les bénéfices du réemploi sont limités. L’impact le plus significatif, et plus directement quantifiable, est celui de la logistique, notamment des emballages et du transport.
La tendance du réemploi dans le e-commerce pourrait même, de manière plus insidieuse, participer à l’incitation à une surconsommation et à une accélération des échanges de biens.
Des enjeux sociaux et de gouvernance trop souvent ignorés
Le réemploi est souvent mis en avant pour son impact social positif à travers des coûts moins élevés, permettant une plus grande inclusivité de la population à une variété de biens, notamment de meilleure qualité. Les produits de réemploi en ligne promettent un accès ouvert aux populations les plus éloignées des centres urbains, à un coût de livraison abordable.
Toutefois, ces prix d’achat et de livraison toujours plus bas, ainsi que la course à la livraison express, nourrissent de réelles problématiques sociales et de gouvernance. Les enjeux se concentrent principalement autour du droit du travail, notamment dans la chaîne logistique, et du respect de la législation des pratiques commerciales, avec une difficulté particulière pour les places de marché avec leurs vendeurs tiers.
11%
Part du e-commerce dans le commerce de détail en France en 2024.
128 Mds €
Marché mondial de la seconde main en 2023.
71%
Part des achats de seconde main faits en ligne (sites spécialisés) en France en 2024.