Pour lutter contre le trafic de drogue, le gouvernement colombien a trouvé une solution. Ils dépêchent des drones sur les champs illégaux de coca et les pulvérise de glyphosate pour les détruire. Une initiative décriée par les agriculteurs avoisinants dont les champs sont eux aussi atteints par l’herbicide classée cancérigène probable par l’OMS.
C’est une initiative pour le moins originale. En Colombie, premier producteur de cocaïne, le gouvernement a décidé d’envoyer des drones chargés de glyphosate pour pulvériser ce défoliant sur les champs illégaux de coca. Le but étant bien sûr de détruire la récolte.
Un herbicide controversé
Pendant des années, le glyphosate, principal agent du Roundup, l’herbicide phare de Monsanto, a été pulvérisé par le gouvernement via des avions. Ces pulvérisations aériennes ont été suspendues en 2015 lorsque l’OMS, l’organisation mondiale de la santé, a classé la substance comme cancérogène probable.
Depuis, cette classification a été démenti par d’autres études. Même si leur indépendance a été mise en cause, l’EFSA, l’autorité européenne de sécurité des aliments ou encore l’ECHA, l’agence européenne des produits chimiques ont estimé que la substance ne présentait pas de danger. La Colombie a donc relancé ses pulvérisations de glyphosate. Cette fois ci, par drone.
"Les drones permettent une précision totale à basse altitude au-dessus des champs et minimisent les dégâts sur les tiers", a expliqué à Caracol Radio le nouveau président Ivan Duque. Un argument qui n’a pas convaincu les agriculteurs dont les récoltes légales ont été touchées par les opérations antidrogues.
Les champs voisins arrosés de glyphosate
"Cela ne résoudra aucun de nos problèmes, mais les augmentera", a déclaré au Wall Street Journal Leider Valencia, porte-parole d’une organisation représentant les producteurs de coca, "s’ils viennent et pulvérisent de force, il y aura des affrontements, je vous le promets".
Au-delà du problème sanitaire, plusieurs critiques ont affirmé que le gouvernement ne pouvait pas résoudre un problème politique, qu’est le trafic de drogue, avec une solution technologique et court-termiste.