70 cas d’intoxications respiratoires ont été enregistrés depuis septembre à cause du métam-sodium. Ce pesticide, soupçonné d’être cancérigène, est utilisé par les maraîchers notamment dans la culture de mâche. Le gouvernement a décidé de suspendre provisoirement son usage en attendant l’avis de l’Agence de sécurité sanitaire.
Le métam-sodium banni des exploitations maraîchères. Le gouvernement a suspendu pour trois mois l’utilisation de ce pesticide, utilisé notamment dans la production de mâche. La substance sera interdite jusqu’au 31 janvier 2019. Elle fait suite à plus de 70 cas d’intoxications respiratoires dans le Maine et Loire en septembre et octobre, essentiellement des ouvriers agricoles et des riverains d’une pépinière.
Une des substances les plus préoccupantes pour la santé
"Le métam-sodium fait partie des substances actives les plus préoccupantes pour la santé et l’environnement identifiée dans le plan d’actions national sur "les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides", a indiqué le ministère de la Transition écologique et solidaire qui attend l’avis de l’Agence de sécurité sanitaire, en novembre, afin de statuer à long terme.
L’Agence américaine de protection de l’environnement soupçonne le métam-sodium d’être cancérigène et potentiellement perturbateur endocrinien. En Europe, la Commission européenne estime que ce pesticide est "très toxique pour la vie aquatique avec des effets à long terme" et "dangereux si ingéré".
Sans surprise, les maraîchers craignent une chute de leur production. "On ne dit pas que le métam-sodium est un produit anodin", a affirmé Philippe Retière, président de la Fédération des maraîchers nantais, mais "il n’y a aucune dangerosité pour les consommateurs". De fait, l’utilisation de ce produit est très encadrée. C’est l’application de ce pesticide alors que le climat était chaud et sec qui aurait produit ces intoxications.
"Un chantage à l’emploi des maraîchers"
"Des problèmes avec ce produit-là, il y en a de très nombreux, c’est assez fréquent, mais c’est toujours tu", a déclaré à l’AFP Dominique Deniaud, porte-parole de la Confédération paysanne. Il a évoqué "un vrai chantage à l’emploi des maraîchers".
Le maraîchage représente 60 % des emplois agricoles de Loire-Atlantique, soit 4 600 emplois qui permettent de produire d’importantes quantités de poireaux, concombres, tomates ou encore de la mâche, selon les chiffres de la Fédération. Plus de la moitié de la mâche produite dans l’Union européenne (35 000 tonnes par an) est ainsi produite dans la région nantaise.
Plusieurs associations environnementales ont salué sa suspension. Mais, comme Générations Futures, demande "l’interdiction définitive de l’utilisation des produits contenant ce pesticide dangereux". Il existe cinq produits à base de métam-sodium commercialisé aujourd’hui en France.
Marina Fabre @fabre_marina avec AFP