En plein hiver, ce sont des paysages quasi lunaires que nous offrent nos campagnes. Mais ces sols laissés à nu entre deux cultures participent au réchauffement climatique. Une nouvelle étude révèle que l’utilisation de couverts intermédiaires permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7 % en Europe.
Laisser le sol à nu entre deux cultures participe de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture. C’est ce qu’ont découvert des chercheurs du Centre national de recherches météorologiques et du Centre d’études spatiales de la biosphère dans une étude publiée mi-avril. Ils prouvent ainsi que l’utilisation des couverts intermédiaires pourrait permettre de compenser chaque année jusqu’à 7 % des émissions du secteur en Europe.
Un sol couvert permet de réduire la quantité d’énergie solaire reçue par les sols, et donc de diminuer la température de la Terre. "Un sol couvert de végétation réfléchit en général plus la lumière qu’un sol laissé nu. En outre, les cultures intermédiaires étant enfouies – notamment pour servir d’engrais vert – après s’être développées pendant des mois, elles permettent de favoriser le stockage de carbone dans le sol", expliquent ainsi les chercheurs dans un communiqué.
20 % de terres cultivées en Europe
Ce sont donc les effets cumulés du stockage de CO2, la réduction du besoin en engrais et la hausse de l’énergie solaire renvoyée par la surface qui permettraient de lutter efficacement contre le changement climatique. Les pays avec le plus fort potentiel sont la France, la Bulgarie, la Roumanie et l’Allemagne.
Outre l’impact bénéfique sur le climat, l’utilisation de cultures intermédiaires, comme des engrais verts, enrichit le sol en azote, bénéficie aux pollinisateurs et lutte contre le lessivage et le tassement des sols. Mais pour l’heure, les pratiques agricoles intensives se caractérisent encore par la persistance d’un sol nu entre deux cultures pendant de longues périodes. Or, en Europe, les surfaces cultivées représentent environ 20 % des terres.
Concepcion Alvarez, @conce1